Présentation de l’association « Un toit pour les migrants. »
Les missions du collectif
Créée initialement pendant la guerre de Yougoslavie, l’association a été relancée en 2008 pour répondre à la nécessité d’aider financièrement des personnes en attente de régularisation et donc sans ressources.
C’est une association de bénévoles dont les attributions principales sont de développer : l’aide au logement, les cours de FLE (Français-Langue-Étrangère), l’aide administrative, l’aide alimentaire… Des aides sont aussi attribuées pour pallier les impossibilités de payer des factures, particulièrement d’énergie. Un toit gère aujourd’hui une vingtaine d’appartements, 4 sont pris en charge entièrement par l’association pour des jeunes isolés et les autres sont payés tout ou partie par les résident·es et/ou des collectifs de donateurs. Tous les mois ce sont environ 150 personnes, majoritairement dans le Grand Nancy, qui sont soutenues par Un toit. L’association fonctionne grâce à une subvention de la ville (10 000 €), du Conseil départemental (15 000 €), et des dons des particuliers à hauteur de 150 000 €. Ce qui montre bien l’implication des services publics par rapport à la conscience citoyenne sur ces sujets.
Mitigées ou anti-migrant.es : le rôle des institutions locales et nationales.
La ville de Nancy n’a pas changé grand-chose à la vie des exilé.es, mais elle a instauré une cantine à 1 euro et ils et elles peuvent désormais avoir accès aux épiceries solidaires. La subvention allouée à l’association est passée de 1000 à 10 000 euros/ an et Un toit s’est donné pour mission auprès des politiques de favoriser l’accueil des migrants et par exemple de sensibiliser les propriétaires pour rendre l’accès au logement moins discriminant.
- Concernant le Conseil départemental (CD), il y a plus d’échanges lors de l’accompagnement des mineurs. La situation s’est améliorée ces dernières années car il y a une réelle volonté de travailler avec l’association et de comprendre les jeunes. Aujourd’hui environ 70 % des jeunes pris en charge par le CD arrivent à obtenir des papiers, mais ce sont quasiment les seuls qui y parviennent. Pour les jeunes qui sont sortis du CD même diplômés, cela devient très difficile, il n’y a plus d’ouverture. C’est comme si la préfecture avait arrêté de donner des titres de séjour.
- Cette situation est clairement influencée par la politique nationale. Cela crée des situations catastrophiques pour les concerné·es, car même les personnes avec les « bons » profils, ayant rempli un dos- sier, attendent des réponses préfectorales qui ne viennent pas et ensuite, on leur répond que leurs documents sont périmés ! Ces derniers mois, les nouvelles difficultés naissent aussi de la pression qui est faite aux employeurs de ne plus embaucher au noir. Ça empêche les exilés de travailler, car il faut un titre de séjour pour travailler, mais pour avoir un titre de séjour, il faut des fiches de paye… Ce qui a changé, c’est qu’on note une volonté manifeste de faire pourrir les situations pour décourager les demandes d’asiles.
Comment le racisme intervient dans le quotidien de l’association
Déjà, il faut savoir que les familles aidées sont majoritairement albanaises, arméniennes et les jeunes sont essentiellement d’origine africaine. Les plus grandes difficultés existantes sont avec les propriétaires. Bien qu’il soit légal de louer à des personnes étrangères, qu’il est expliqué que l’association se porte garante et qu’il n’y a rien à craindre, la propagande d’extrême droite influence clairement les décisions des propriétaires. Quand ils voient un nom étranger, ils tiquent, si les personnes ne parlent pas bien français ils se braquent et quand le nom de l’association garante est prononcé, ça porte préjudice très souvent tellement la figure des migrant·es a été salie. Cela commence d’autant plus à faire effet que les discours xénophobes ont été relayés par l’État.
Comment faire pour aider les personnes exilé.es ?
Il existe de multiples manières :
- La plus évidente est de faire un don à l’association par chèque, virement, prélèvement ou par le biais de l’association HelloAsso : https://www.donnerenligne.fr/un-toit-pour-les-migrants/faire-un-don
- Tous les mercredis matin, des bénévoles peuvent aider à venir chercher de la nourriture qu’on redistribue ensuite en colis alimentaire. Dans ce registre, il y a aussi des initiatives comme par exemple une maraîchère, des boulangers qui nous donnent régulièrement leurs invendus.
- Il est possible de donner des cours de FLE tous les jours à la MJC Lillebonne et un système d’aide aux devoirs commence à être mis en place.
- Il y a également l’assistance juridique si l’on a des compétences juridiques ou que l’on souhaite en acquérir. Ça se fait par le biais de la Ligue des Droits de l’Homme à la MJC Desforges tous les vendredis à 18h et également à la Maison Bonnet, 4 rue du Moulin de Boudonville les mercredis à 17h.
- Enfin on peut proposer un appartement à louer, pas trop cher si possible ! Ou mettre à disposition une chambre inoccupée même pour un temps limité.
Toutes ces aides sont importantes et le plus important est de retenir qu’on ne prend pas de risque à être solidaire ! Ce n’est pas illégal de louer à des sans-papiers et il est nécessaire de lutter contre la précarisation forcée des exilé.es au regard de l’évolution actuelle de la société.
Car il faut le rappeler, le délit de solidarité n’existe pas !
Contact de l’association :
17, rue Drouin à Nancy
untoitpourlesmigrants@orange.fr
06 12 39 08 80
Contact de la LDH pour le soutien juridique
07 83 95 21 50
permanenceldh-nancy@ldh-france.org
