De l’argent pour les hôpitaux, pas pour les chars d’assaut !

L’Hôpital public, c’est notre bien commun. Il accueille sans condition les patients, peu importe leur âge, origine ou condition sociale. Pour ça, il faut des moyens humains et matériels. Pour ça il faut de l’argent public que les politiciens ne veulent plus mettre au service de notre santé.

Les valeurs et priorités de l’hôpital ont-elles disparu ? 

Les politiques de ces dernières années remettent en cause de manière flagrante ce qu’impliquait travailler à l’Hôpital public.

Un exemple, le « virage ambulatoire » :

prétextant une demande des patients qui préféreraient entrer le matin puis sortir dans la journée et celle des soignants qui préfèreraient ne plus travailler les nuits, weekends et jours fériés, ils ont transformé des lits d’hospitalisation classique en « places ambulatoires ».

C’est surtout que les prises en charge en ambulatoire coûtent moins cher. « Les économies », « l’efficience », « la productivité » sont devenues le vocabulaire des directeurs des hôpitaux publics. Et ça ne s’arrête évidemment pas au vocabulaire.

L’usine à soins, on n’a pas signé pour ça.

Le néolibéralisme transforme l’hôpital public. À Nancy comme ailleurs, les aides financières de l’état ont régulièrement été soumises à des chantages à l’économie de postes.

La politique du faire plus avec moins, les réorganisations, restructurations permanentes des services et les conditions de travail de plus en plus dégradées conduisent les professionnels à quitter l’hôpital. 

Le CHRU de Nancy est le plus gros employeur de Lorraine avec 7300 personnels paramédicaux (Equivalents Temps Plein), c’est-à-dire les postes techniques, administratifs et soignant.es hors médecins. Les sages femmes et pharmaciens font partie du personnel médical et représentent 1390 ETP.

En 5 ans, 400 lits y ont été supprimés, aujourd’hui il y a 1500 lits et 192 places d’ambulatoires (chiffres de 2024).

Du Covid à aujourd’hui, 6 ans d’hémoragie.

2020 et le COVID ont fortement marqué les hospitaliers : crainte de la maladie méconnue à l’époque, isolement des patients qui ne pouvaient pas avoir la visite de leurs proches, les professionnels ont travaillé en sacs poubelles par manque de surblouse… au 21 ème siècle et dans la 7ème puissance mondiale.

A l’automne 2021, quand la vaccination contre le COVID est devenue obligatoire pour les hospitaliers, des professionnels qui avaient fait le choix de ne pas se faire vacciner ont été suspendus, jetés avec violence et comme des malpropres.

6 ans plus tard les professionnels quittent d’eux-même l’Hôpital.

Les manques de moyens, de reconnaissance, les rappels sur repos, le stress, l’impact sur les vies personnelles rendent parfois malades les professionnels. Avant d’en arriver là, certains font le choix d’aller voir ailleurs ; et rien n’est fait pour les retenir.

Les urgences… toujours la même histoire.

Quand on rentre à l’hôpital sans que ça soit pour une hospitalisation programmée, on passe par les urgences, « la vitrine des hôpitaux ». À Nancy on peut se rendre aux urgences sans avoir à contacter le « 15 » au préalable, ça n’est pas le cas partout sur le territoire.

Les urgences sont réputées pour l’attente interminable avant d’être pris en charge. En moyenne, à Nancy, c’est 5 heures d’attente… Elle est principalement  due au manque de « lit d’aval ».

Pour admettre un patient en hospitalisation, il faut avoir de la place dans les services, c’est ce dont l’Hôpital manque. C’est l’équivalent des bouchons des péages d’autoroute du Sud de la France un weekend de début août… Mais en permanence.

Tant que les politiques choisiront la logique du fric, l’hôpital public continuera de s’effondrer.

La Santé n’est pas une marchandise, l’Hôpital n’est pas une entreprise