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	<title>Archives des Actualités - Assemblage</title>
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		<title>De l&#8217;argent pour les hôpitaux, pas pour les chars d&#8217;assaut !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[assemblage]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Revue #7]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Hôpital public, c&#8217;est notre bien commun. Il accueille sans condition les patients, peu importe leur âge, origine ou condition sociale. Pour ça, il faut des moyens humains et matériels. Pour ça il faut de l&#8217;argent public que les politiciens ne veulent plus mettre au service de notre santé. Les valeurs et priorités de l&#8217;hôpital ont-elles [&#8230;]</p>
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<p>L&rsquo;Hôpital public, c&rsquo;est notre bien commun. Il accueille sans condition les patients, peu importe leur âge, origine ou condition sociale. Pour ça, il faut des moyens humains et matériels. Pour ça il faut de l&rsquo;argent public que les politiciens ne veulent plus mettre au service de notre santé.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les valeurs et priorités de l&rsquo;hôpital ont-elles disparu ? </strong></h3>



<p>Les politiques de ces dernières années remettent en cause de manière flagrante ce qu&rsquo;impliquait travailler à l&rsquo;Hôpital public.</p>



<p>Un exemple, le « virage ambulatoire » :</p>



<p>prétextant une demande des patients qui préféreraient entrer le matin puis sortir dans la journée et celle des soignants qui préfèreraient ne plus travailler les nuits, weekends et jours fériés, ils ont transformé des lits d&rsquo;hospitalisation classique en « places ambulatoires ».</p>



<p>C&rsquo;est surtout que les prises en charge en ambulatoire coûtent moins cher. « Les économies », « l&rsquo;efficience », « la productivité » sont devenues le vocabulaire des directeurs des hôpitaux publics. Et ça ne s&rsquo;arrête évidemment pas au vocabulaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;usine à soins, on n&rsquo;a pas signé pour ça.</strong></h3>



<p>Le néolibéralisme transforme l&rsquo;hôpital public. À Nancy comme ailleurs, les aides financières de l’état ont régulièrement été soumises à des chantages à l’économie de postes.</p>



<p>La politique du faire plus avec moins, les réorganisations, restructurations permanentes des services et les conditions de travail de plus en plus dégradées conduisent les professionnels à quitter l&rsquo;hôpital.&nbsp;</p>



<p>Le CHRU de Nancy est le plus gros employeur de Lorraine avec 7300 personnels paramédicaux (Equivalents Temps Plein), c&rsquo;est-à-dire les postes techniques, administratifs et soignant.es hors médecins. Les sages femmes et pharmaciens font partie du personnel médical et représentent 1390 ETP.</p>



<p>En 5 ans, 400 lits y ont été supprimés, aujourd&rsquo;hui il y a 1500 lits et 192 places d&rsquo;ambulatoires (<em>chiffres de 2024</em>).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Du Covid à aujourd&rsquo;hui, 6 ans d&rsquo;hémoragie.</strong></h3>



<p>2020 et le COVID ont fortement marqué les hospitaliers : crainte de la maladie méconnue à l&rsquo;époque, isolement des patients qui ne pouvaient pas avoir la visite de leurs proches, les professionnels ont travaillé en sacs poubelles par manque de surblouse&#8230; au 21 ème siècle et dans la 7ème puissance mondiale.</p>



<p>A l&rsquo;automne 2021, quand la vaccination contre le COVID est devenue obligatoire pour les hospitaliers, des professionnels qui avaient fait le choix de ne pas se faire vacciner ont été suspendus, jetés avec violence et comme des malpropres.</p>



<p>6 ans plus tard les professionnels quittent d&rsquo;eux-même l&rsquo;Hôpital.</p>



<p>Les manques de moyens, de reconnaissance, les rappels sur repos, le stress, l&rsquo;impact sur les vies personnelles rendent parfois malades les professionnels. Avant d&rsquo;en arriver là, certains font le choix d&rsquo;aller voir ailleurs ; et rien n&rsquo;est fait pour les retenir.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les urgences&#8230; toujours la même histoire.</strong></h3>



<p>Quand on rentre à l&rsquo;hôpital sans que ça soit pour une hospitalisation programmée, on passe par les urgences, <em>« la vitrine des hôpitaux »</em>. À Nancy on peut se rendre aux urgences sans avoir à contacter le « 15 » au préalable, ça n&rsquo;est pas le cas partout sur le territoire.</p>



<p>Les urgences sont réputées pour l&rsquo;attente interminable avant d&rsquo;être pris en charge. En moyenne, à Nancy, c&rsquo;est 5 heures d&rsquo;attente&#8230; Elle est principalement&nbsp; due au manque de « lit d&rsquo;aval ».</p>



<p>Pour admettre un patient en hospitalisation, il faut avoir de la place dans les services, c&rsquo;est ce dont l&rsquo;Hôpital manque. C&rsquo;est l&rsquo;équivalent des bouchons des péages d&rsquo;autoroute du Sud de la France un weekend de début août&#8230; Mais en permanence.</p>



<p>Tant que les politiques choisiront la logique du fric, l&rsquo;hôpital public continuera de s&rsquo;effondrer.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La Santé n&rsquo;est pas une marchandise, l&rsquo;Hôpital n&rsquo;est pas une entreprise</strong></h3>
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		<title>Rouler entre les discriminations et la précarité : la réalité des livreurs à vélo.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[assemblage]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Revue #7]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis quelques années, les livreurs à vélo traversent Nancy et assurent des services à la population tout en étant soumis aux logiques commerciales des plateformes Uber ou Delivroo. Pour mieux comprendre leur vécu nous avons interrogé Medhi, « cyclo-logisticien » dont l&#8217;organisation de livraisons est le métier. J’ai commencé en tant que coursier ou livreur à vélo [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://assemblage.media/2026/03/19/rouler-entre-les-discriminations-et-la-precarite-la-realite-des-livreurs-a-velo/">Rouler entre les discriminations et la précarité : la réalité des livreurs à vélo.</a> est apparu en premier sur <a href="https://assemblage.media">Assemblage</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="771" height="1024" src="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/cafetière-771x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-1211" srcset="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/cafetière-771x1024.jpeg 771w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/cafetière-226x300.jpeg 226w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/cafetière-768x1020.jpeg 768w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/cafetière-1157x1536.jpeg 1157w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/cafetière-1080x1434.jpeg 1080w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/cafetière-1280x1700.jpeg 1280w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/cafetière-980x1302.jpeg 980w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/cafetière-480x638.jpeg 480w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/cafetière.jpeg 1542w" sizes="(max-width: 771px) 100vw, 771px" /></figure>



<p>Depuis quelques années, les livreurs à vélo traversent Nancy et assurent des services à la population tout en étant soumis aux logiques commerciales des plateformes Uber ou Delivroo. Pour mieux comprendre leur vécu nous avons interrogé Medhi, « cyclo-logisticien » dont l&rsquo;organisation de livraisons est le métier.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Est-ce que tu peux te présenter ?</strong></li>
</ul>



<p>J’ai commencé en tant que coursier ou livreur à vélo en 2018. Les deux termes peuvent être utilisés pour définir mon activité. Cependant, les gens visualisent mieux notre activité lorsqu’on leur dit « Je suis livreur à vélo ».&nbsp;</p>



<p>J’ai débuté avec les plateformes Deliveroo et Uber. Cela se passait bien la première année et puis les conditions de travail se sont fortement dégradées d’année en année. J’ai donc décidé de m’affranchir de ces plateformes et d’élargir mon activité en devenant cyclo-logisticien. Cela correspondait mieux à mes valeurs et à mes engagements.</p>



<p>Pour ce qui est des livreurs à vélo que tu peux voir à Nancy, ce sont des micro-entrepreneurs qui dépendent de donneurs d’ordres (Uber et Deliveroo majoritairement). Le modèle économique et social est contestable et aberrant mais il convient à une partie des acteurs de ce système. Le fait e les livreurs à vélo en soient les principales victimes ne compte pas puisque les autres sont satisfaits.&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les livraisons à vélo font partie du quotidien de Nancy mais le profil des livreurs a évolué au cours des dernières années, peux-tu nous expliquer ce qui a changé ? </strong>         </li>
</ul>



<p>Il y a beaucoup de choses qui ont changé. En 2018 &#8211; 2019, nous étions sur un profil de livreurs à vélo bien différent. Les plateformes ont séduit des étudiants et des jeunes actifs sportifs qui aimaient le vélo et trouvaient là le moyen de gagner leur vie en se faisant plaisir. Le prix payé au livreur était intéressant et les livraisons ne se faisaient qu’à vélo. Mais les plateformes ont commencé à accepter la livraison à scooter et en voiture et ont drastiquement baissé la rémunération d’année en année. Nous avions la possibilité de refuser les courses si le prix était trop bas mais il est évident que pour une personne précaire il vaut mieux très peu que rien du tout. Et cela a séduit les plateformes. De la main d’oeuvre en nombre et peu coûteuse. Alors en quelques années nous sommes passées d’un profil de livreur jeune étudiant ou actif sportif à vélo à des livreurs beaucoup plus précaires de tout âge, à vélo mais aussi à scooter et même en voiture. Et surtout à beaucoup de livreurs sans papiers qui sous-louent un compte à un autre livreur. Nous utilisions ces plateformes comme un tremplin là où désormais aujourd’hui beaucoup en dépendent totalement.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Est-ce que tu peux nous parler de la décision prise par la mairie d’interdire des zones particulières de Nancy aux livreurs à vélo</strong><strong>? </strong>         </li>
</ul>



<p>C’est ce que l’on appelle des zones blanches. Les livreurs sont géo-localisés. C’est ce qui leur permet de recevoir une commande sur l’application du donneur d’ordre. Cependant les plateformes peuvent, sur demande, mettre en place des zones blanches sur un périmètre défini. C’est à dire que si un livreur se trouve dans cette zone il ne pourra pas recevoir de commande. Il doit impérativement s’en éloigner pour pouvoir travailler.&nbsp;</p>



<p>La mairie, suite à des réclamations de riverains ET de restaurateurs, a par exemple demandé à Uber de mettre en place cette mesure sur toute la place Charles 3 (dite « Place du marché »). Les livreurs représentaient, semble t-il, une nuisance et, mettre en place une zone blanche permettait d’éloigner ou d’éclater le problème. Ces zones sont mises en place arbitrairement sans consultation des livreurs. J’ai pris l’exemple de la place Charles 3 car c’est vraiment le plus visible, mais ces zones blanches peuvent êtres déployées n’importe où et il y en a dans d’autres rues du centre-ville.&nbsp;</p>



<p>Ce qui m’a particulièrement choqué dans la mise en place de cette zone blanche c’est que ce n’est pas par plaisir qu’ils restaient place Charles 3 avec les conditions météorologiques parfois compliquées, mais bien par nécessité. Et surtout, ils étaient présents car les restaurants sur la place profitent de ce service de livraison. Les livreurs à vélo qui attendaient sur la place Charles 3 ne sont pas une nuisance mais une conséquence. Avec une zone blanche, on traite la conséquence, non la cause. Et surtout un livreur n’est pas rémunéré pour aller retirer sa course. Donc plus il sera éloigné des restaurants, plus il lui faudra du temps pour s’y rendre donc moins il pourra faire de courses dans la journée et au final … moins d’argent pour vivre.&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Tu as voulu interpeler la municipalité sur le fait que cela correspondait à des logiques d’exclusion s’appuyant sur du racisme ou de la précarisation de gens déjà fragiles, peux-tu nous expliquer pourquoi ?</strong></li>
</ul>



<p>J’alerte sur la précarisation de la condition des livreurs à vélo depuis plusieurs années déjà. En 2018-2019 nous nous rassemblions par petits groupes dans différents points de la ville. Pourtant, il n&rsquo;y avait pas de plaintes à notre encontre. Le profil des livreurs a évolué et les plaintes à leur encontre ont commencé à apparaitre. <strong>Plus les livreurs sont précaires et racisés</strong><strong>,</strong><strong> moins on les accepte sur la voie publique.</strong> Depuis que j’ai commencé ce travail, j’ai entendu des remarques racistes de la part de certains restaurateurs, contents d’utiliser les personnes racisées, mais qui refusaient par exemple qu’ils utilisent leurs toilettes. Et puis j’ai vu une aberration qui s’est normalisée. Le fait que les livreurs à vélo ne devaient plus entrer dans le restaurant pour retirer une commande. Il ne faut pas qu’ils soient visibles, que les clients les voient. On les utilise (exploite) mais il faut qu’ils soient le plus possible éloignés, de façon à les invisibiliser. La rémunération de la part des plateformes est de plus en plus basse mais, de l’autre côté, certains choix précarisent encore plus en compliquant les conditions de travail de ces personnes déjà fortement précarisées. Et d’ailleurs une conséquence prévisible de la précarisation et de la dégradation des conditions de travail des livreurs à vélo : de plus en plus de livreurs de repas se transforment en Uber-shit. Si on t’éloigne de ton lieu de travail, si on te précarise encore plus et ne te permet pas de vivre dignement, il est aisé de se retrouver dans ce système de revenu complémentaire. J’ai alerté mais Uber (avec qui la municipalité échange) a un discours beaucoup plus vendeur que le mien.&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Il y a eu une tentative de créer un local pour les livreurs mais cela n’a pas duré longtemps, peux-tu nous parler de cette tentative ?</strong></li>
</ul>



<p>C’était un de mes souhaits lorsque je me suis émancipé des plateformes. J’ai eu comme projet de créer une « Maison des coursiers ». Coopcycle m’a énormément aidé dans l’élaboration de ce projet qui s’est développé et pérennisé dans d’autres villes. D’ailleurs c’est la municipalité qui m’a contacté en premier pour échanger sur la problématique des livreurs à vélo. Lorsque j’ai proposé ce projet de Maison des coursiers, ils m’ont suivi. Au départ, il y a eu une véritable demande de leur part et une écoute. Cependant, dans le modèle et l’application qui s’en est suivi je savais que cela ne fonctionnerait pas. Cela a été fait sur le modèle de l’expérimentation. La municipalité n’a pas été satisfaite du taux de fréquentation. Je pense vraiment, qu’au départ, il y a eu un réel désir de bien faire de la part de la municipalité mais qu’au vu des résultats ils n’ont pas souhaité aller plus loin. Cependant le modèle n’était pas le bon pour la réussite de ce local. <strong>L’application du projet a été faite avec leur logique et non en se mettant à la place des livreurs.</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Selon-toi, que faudrait-il faire pour améliorer le quotidien des coursiers et quels acteurs devraient agir ? (plateforme, loi nationale,  acteurs locaux, responsabilisation des client.es,</strong><strong>etc.)</strong></li>
</ul>



<p>Cela risque de ne pas plaire mais <strong>nous avons tous notre part de responsabilité</strong><strong>dans la précarisation des livreurs à vélo</strong>. Ce statut existe depuis plusieurs années déjà et toujours rien n’est fait au niveau national. Pourtant plusieurs décisions de justice sont allés dans le sens des personnes ubérisées. Que cela soit au niveau national ou européen. Pour améliorer leurs conditions nous avons tous notre rôle à jouer. Les plateformes en premier, mais elles ne le feront pas car leur rentabilité en dépend. Effectivement il faut des lois au niveau national qui tardent à venir, mais même au niveau local, que cela soit la municipalité, comme les clients et les restaurateurs, tous ces acteurs ont aussi un rôle à jouer dans l’amélioration des conditions des livreurs. On ne peut pas justifier le fait de ne rien faire en se reposant uniquement sur la responsabilité des plateformes. Celles-ci laissent les livreurs sans protection mais la municipalité fait exactement la même chose au final. Ces livreurs sont des citoyens et des habitants de Nancy. Les restaurateurs pourraient trouver un système moins couteux et plus efficace (et plus moral) que de passer par ces plateformes. Avant, elles avaient leur propre flotte de livreurs par exemple. Le dernier maillon est le client qui doit avoir conscience qu’en utilisant ce service, il ne permet pas à une personne de vivre mais uniquement de survivre et qui plus est dans des conditions déplorables. En tant que coursier, je peux vous dire que d’attendre ou de rouler sous la pluie, la neige, le froid, le vent, ce n’est pas vraiment un métier de rêve et c’est loin d’être simple, physiquement comme psychologiquement. Et encore là je ne parle que des conditions climatiques, mais il y a aussi le regard de l’autre, les remarques, le manque de respect et de considération voire même pire, le moyen par les clients de faire de fausses déclarations pour se faire rembourser et ainsi pénaliser un livreur qui se fera exclure. Tout le monde participe à son échelle à la mise au ban des livreurs à vélo qui pourtant sont devenus un maillon essentiel de notre économie.&nbsp;</p>



<p><em>Propos recueillis en Janvier 2026</em>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Nouvel hôpital de Nancy : la folie des grandeurs, sur les hauteurs de Brabois</title>
		<link>https://assemblage.media/2026/03/18/nouvel-hopital-de-nancy-la-folie-des-grandeurs-sur-les-hauteurs-de-brabois/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[assemblage]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Revue #7]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Coûts délirants, effectifs à la baisse, friches hospitalières, engorgement des artères et perte de chance pour les patients, etc. : mais pourquoi a-t-on choisi le projet le plus coûteux, à tout point de vue ? Le projet de Nouvel Hôpital de Nancy est motivé par trois objectifs : mettre fin à la dispersion des sites [&#8230;]</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/article-CHU-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-1208" srcset="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/article-CHU-980x551.jpeg 980w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/article-CHU-480x270.jpeg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Coûts délirants, effectifs à la baisse, friches hospitalières, engorgement des artères et perte de chance pour les patients, etc. : mais pourquoi a-t-on choisi le projet le plus coûteux, à tout point de vue ?</em></strong></h3>



<p>Le projet de Nouvel Hôpital de Nancy est motivé par trois objectifs : mettre fin à la dispersion des sites du CHRU (13 sites en tout), afin de limiter les déplacements entre établissements et de régler un problème de lisibilité pour les usagers ; moderniser les équipements, en respectant des normes énergétiques et en améliorant le confort des personnels et des patients ; améliorer l’attractivité du CHRU, en particulier pour les personnels médicaux et soignants (faire face, par exemple, à la démission des infirmières spécialisées, comme les infirmières de bloc, ou des médecins anesthésistes, avec une vacance de 40 % des postes).</p>



<p>Il prévoit de regrouper neuf entités sur le site de Brabois, comprenant les urgences, les unités de surveillance continue et de réanimation, les activités de médecine, de chirurgie et d’obstétrique, les spécialités médicales et les blocs techniques (imagerie, blocs opératoires, réanimation), les services annexes (biologie, pharmacie, labos de recherche, etc.) et fonctions support (magasin, cuisines, logistique, sécurité, etc.) et le service médico-légal. Ne resterait au centre-ville de Nancy qu’une offre de proximité (consultations, centre de prélèvement, soins dentaires), des activités de moyen et long séjour et de soins de suite et de réadaptation. La surface totale du CHRU passerait de 440 000 m<sup>2</sup> à 262 000 m<sup>2</sup>. Sur le site de Brabois, 132 000 m<sup>2</sup> seraient détruits et 120 000 m<sup>2</sup> construits.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Construire plutôt que se désendetter</em></strong></h3>



<p>En juillet 2019, le Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins (Copermo) avait validé le plan présenté par la direction du CHRU de Nancy pour assainir les finances qui prévoyait la suppression de 598 emplois et 174 lits. Après la crise du Covid, il semblait plus difficile d’afficher un tel programme. Pour combler un déficit abyssal de plusieurs centaines de millions d’euros, les marges de manœuvre étaient limitées : augmenter les produits, donc, l’activité, à condition de disposer des équipements et d’un personnel médico-soignant suffisant, et/ou diminuer les charges, cesser les activités non rentables, fermer des lits, rationaliser l’organisation et supprimer des emplois. Mais, la construction d’un nouvel hôpital a été jugée prioritaire par rapport au désendettement de l’établissement.</p>



<p>Le conseil de surveillance du CHRU se prononce sur la stratégie de l’établissement et exerce le contrôle permanent de sa gestion. Son président est élu parmi les représentants des collectivités territoriales ou personnalités qualifiées. Dès son entrée dans cette fonction, à ce titre, le 16 septembre 2020, Mathieu Klein a souhaité <em>« débloquer »</em> le projet de reconstruction du CHRU, afin de <em>« construire les bases d’un CHR lorrain capable de se hisser dans le top 3 des établissements français »</em>. Il justifie le regroupement des activités hospitalières sur un site unique dans le but d&rsquo;« <em>entraîner des économies de fonctionnement administratif pour pouvoir les redéployer sur des postes de soignants, puisqu’il faut créer des postes de soignants ». Bien entendu, en promettant un maintien des capacités d’accueil et des effectifs, grâce au développement de l’ambulatoire et de l’hospitalisation à domicile.</em></p>



<p>En novembre de la même année, le maire de Nancy demande à Olivier Véran, ministre de la Santé, un engagement de l’État de dégager 675 M€ pour le projet de reconstruction, de confirmer sans ambiguïté la non-suppression de postes et de lits, et de reprendre la dette.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>De 598 M€ à 785 M€</em></strong></h3>



<p>Le ministère de la Santé accepte de faire un geste. L’enveloppe de départ (évaluation 2021) du Nouvel Hôpital de Nancy, estimée à 598 M€, toutes dépenses confondues (travaux, honoraires, assurances, etc.), sera financée à 70 % par l’État (418 M€), dans le cadre du Ségur de la santé. De surcroît, l’État prendra en charge 30 % de la dette du CHRU, soit 127 M€. L’établissement précise qu’il recourra à l’emprunt pour compléter le budget nécessaire, alors qu’il est déjà très endetté. À l’époque, la dette de l’établissement s’élevait à 419 M€, ce qui représentait une charge annuelle de 41 M€.</p>



<p>Or, l’option consistant à améliorer et adapter l’existant, évaluée à 220 M€, a été rejetée d’emblée, car jugée trop chère, bizarrement, en raison des nécessités de mise aux normes, notamment sous les aspects de l’environnement et de la sécurité. Pourtant, dans ce cadre, les subsides du ministère de la Santé auraient été suffisants pour financer l’investissement et désendetter de moitié l’établissement. Cette option aurait aussi permis d’éviter une gabegie financière et 180 000 m<sup>2</sup> de friches hospitalières en centre-ville.</p>



<p>En 2023, le concours d’architecture est lancé sur la base d’un programme estimé à 620 M€. Quatre groupements sont sélectionnés mi-septembre. Le budget estimatif est alors porté à 1,03 Md€ (+ 66 %). En octobre, le programme est finalisé à 785 M€ (+ 27 %) et transmis aux candidats sélectionnés.</p>



<p>Lors de sa conférence de presse de rentrée, en janvier 2024, Arnaud Vanneste explique dans quelles conditions il a fallu revoir le programme à la baisse pour rester dans une enveloppe de 780 M€. <em>« 2023 a été une année de remise à zéro à des compteurs. On a dû prendre en compte l’évolution des prix de la construction qui fait suite à la Covid, à la guerre en Ukraine… Ce contexte a fortement impacté les coûts. Le nouveau projet est le fruit de beaucoup d’optimisations. »</em> La liste des renoncements laisse pantois : deux bâtiments perdent un étage <em>« sans revenir sur le nombre de lits et de blocs »</em>, la boucle électrique de secours est abandonnée, tout comme le nouveau bâtiment administratif – on utilisera l’actuel hôpital d’enfants –, la blanchisserie, le magasin, le logipôle, qui devait regrouper les services logistiques – la principale innovation du projet qui pouvait se justifier –, la démolition de la barre de Brabois, estimée entre 20 et 40 millions d’euros, étant reportée. Ainsi est-on passé de 598 M€ à 785 M€ pour un programme réduit et toujours non financé. Mais, comme l’assure Arnaud Vanneste, <em>« cela nous permet de continuer et d’être maîtres de notre avenir. On a fait ce travail-là pour s’assurer de pouvoir aller jusqu’au bout du chantier. »</em></p>



<p>Au chapitre des optimisations, le directeur général du CHRU imagine de spécialiser ce qui restera de l’hôpital central dans le domaine de la médecine ambulatoire, ce qui marquerait l’arrêt de la « permanence des soins », donc, des urgences. Il ne prend pas en compte le fait que regrouper les urgences à Brabois constituerait une « perte de chance » pour les patients les plus éloignés du site, en particulier quand les ambulances sont prises dans les bouchons aux heures de pointe. Ce problème vital n’est pas comptabilisé.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Un accroissement moyen des flux quotidiens de véhicules de 52 %</em></strong></h3>



<p>L’étude « entrées / sorties » comparant la situation actuelle de Brabois et la situation en cas de regroupement montre un accroissement moyen des flux quotidiens de véhicules de 52 %. L’étude de flux (AxUrban), pose, dans son scénario 2 « évolution réduite sans nouvel accès » (p. 21) que <em>« l’accroissement des flux générés par le projet hospitalier pourrait être réduite par une réduction des effectifs présents simultanément : le développement du télétravail (personnels administratifs) ; les perspectives de départs d’agents hospitaliers d’ici 2030 (2 230 départs prévisionnels) ».</em></p>



<p>Dans les milieux politiques et médiatiques de Nancy, il ne s’est trouvé personne – pas même le président du conseil de surveillance du CHRU – pour dénoncer publiquement la dérive budgétaire de l’opération, le risque pesant sur l’emploi, l’abandon de bâtiments pouvant être rénovés et les pertes de chance pour les patients.</p>



<p>Dans son rapport édité le 11 juillet 2024, la Cour régionale des comptes émet plus que des réserves sur la capacité du CHRU de financer les travaux de reconstruction, même après avoir renoncé à une partie de son projet initial. Les magistrats notent que <em>« le coût de démolition de certains bâtiments n’est plus inclus dans le montant du projet, alors que ces opérations devront nécessairement être réalisées ».</em> Ils n’accréditent pas l’évaluation des économies censées découler du regroupement des activités à Brabois. <em>« Selon l’établissement, l’éclatement des sites génère des surcoûts d’un montant de 43,71 M€ et nécessite d’employer 547 équivalents temps plein (ETP) supplémentaires (inclus dans le calcul des surcoûts), sur un total de 8 462 ETP (en 2021). Le regroupement des activités devrait également permettre de mutualiser les personnels, notamment ceux dont le métier est en tension (anesthésistes-réanimateurs, infirmiers de blocs opératoires, infirmiers anesthésistes). </em>[…]<em> Bien que les conséquences du regroupement sur un seul site ne soient pas connues à ce stade, il y aura nécessairement une perte non négligeable de recettes pour l’établissement qui perçoit des recettes grâce à sa répartition multisite, en optimisant la tarification générée par le découpage géographique de ses activités. </em>[…]<em> Ainsi, le gain net pour l’établissement ne sera pas de 43,71 M€, mais de l’ordre de 35 M€ »</em> (pages 40-41 du rapport). En creux, on comprend que le CHRU est invité à se passer de 547 ETP.</p>



<p>En 2025, le CHRU pouvait disposer de 471 M€ de l’État, dont 382,80 M€ d’aide en capital et 35 M€ d’emprunt aidé, loin du compte, les 140 M€ de dotation promis par Véran pour assainir les finances de l’établissement ne compensant que très partiellement sa dette.</p>



<p>Ces éléments financiers n’ont pas empêché le CHRU de signer deux marchés de maîtrise d’œuvre pour un montant de 754 M€ HT (hors équipements), concrétisant son projet de nouvel hôpital. L’agence d’architecture Michel Beauvais Associés s’est vue confier la construction de trois nouveaux bâtiments à Brabois.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>« Il faut qu’on travaille sur beaucoup de petits leviers »</em></strong></h3>



<p>En janvier 2026, le directeur général du CHRU, Arnaud Vanneste explique que les conclusions de la Chambre régionale des comptes sont déjouées par l’augmentation de l’activité en 2025, près de 10 % d’entrées supplémentaires en hospitalisation complète et près de 30 % en ambulatoire, moins de dix lits fermés, une campagne de recrutement en cours, etc. Cela étant, le déficit de 2025 est tout de même estimé à 20 M€, qui s’ajoutent à la dette de l’établissement. Pour compenser cette perte, le directeur général explique qu’<em>« il faut qu’on travaille sur beaucoup de petits leviers »</em>, sans présenter de plan précis. Peut-être voulait-il parler des petites mains…</p>



<p>Le planning prévisionnel est respecté. 2026 sera consacrée à la définition de l’avant-projet détaillé et à l’étude des flux, de l’organisation et de l’allocation les équipements dans les 135 000 m<sup>2</sup> prévus par le projet, dont le coût estimatif est maintenant de 800 M€. Ce montant ne comprend pas les coûts de construction d’une nouvelle bretelle autoroutière, depuis l’A33, pour permettre un accès direct à l’hôpital, en évitant les habituels bouchons aux heures de pointe – plusieurs dizaines de millions d’euros, selon Bertrand Mazur, directeur général adjoint du pôle mobilités et développement urbain durables à la Métropole du Grand Nancy –, ni la valorisation des 180 000 m<sup>2</sup> de friches hospitalières, en centre-ville de Nancy, jamais évaluée.</p>



<p>Arnaud Vanneste précise que le CHRU <em>« s’est adjoint la compétence d’un conseil immobilier pour valoriser les bâtiments et définir une stratégie. Les premiers rendus sont attendus pour la fin du printemps, afin de discuter avec la Métropole car cela doit s’intégrer dans la programmation urbaine ».</em> L’hôpital n’ayant pas vocation à exercer dans le secteur de la promotion immobilière, il est permis de penser que la collectivité récupérera un jour ou l’autre l’ensemble des bâtiments désaffectés.</p>



<p>En 2014, le CHRU comptait 1 914 lits d’hospitalisation, 169 places de médecine ambulatoire et 25 postes de dialyse, avec un effectif de 10 576 personnes, soit 9 985 ETP (équivalents temps plein) ; en 2020, 1 497 lits, 179 places et 25 postes de dialyse, 9 499 personnes, 8 794 ETP ; en 2024, 1 495 lits, 192 places et 25 postes de dialyse, 10 672 personnes, 8 659 ETP, soit une perte de 1 326 ETP en dix ans. La baisse des ETP s’est ralentie, mais elle continue.</p>



<p>Entre 2020 et 2026, Mathieu Klein aura approuvé sans broncher le projet d’établissement du CHRU, que ce soit en matière de gestion, d’investissement ou d’emploi. Le futur président du Grand Nancy devra assumer politiquement et financièrement les choix de l’actuel président du conseil de surveillance du CHRU.</p>
<p>L’article <a href="https://assemblage.media/2026/03/18/nouvel-hopital-de-nancy-la-folie-des-grandeurs-sur-les-hauteurs-de-brabois/">Nouvel hôpital de Nancy : la folie des grandeurs, sur les hauteurs de Brabois</a> est apparu en premier sur <a href="https://assemblage.media">Assemblage</a>.</p>
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		<title>Des mirabelliers de Nancy aux potagers sans permis</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Mar 2026 13:54:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Revue #7]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;aventure des jardins pirates Née sur Nancy en 2023, la première plantation s’est faite un soir de manifestation contre la réforme des retraites. Chaque soir, les manifestations spontanées s’enchainaient. Et c’est à la fin de l’une d’elles que l’on a planté des fraisiers, framboisiers et rhubarbes à la fac de lettres, alors que se dissipait [&#8230;]</p>
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<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/ASBG-7-Jardin-Pirate-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-1205" style="width:603px;height:auto"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;aventure des jardins pirates</h3>



<p>Née sur Nancy en 2023, la première plantation s’est faite un soir de manifestation contre la réforme des retraites. Chaque soir, les manifestations spontanées s’enchainaient. Et c’est à la fin de l’une d’elles que l’on a planté des fraisiers, framboisiers et rhubarbes à la fac de lettres, alors que se dissipait le nuage de la dernière grenade lacrymogène. La plantation dans ce contexte particulier est le fruit de la rencontre de deux esprits, l’un très présent dans les manifestations militantes, l’autre tournant autour sur son vélo : « C’est bien de manifester mais il faudrait faire quelque chose de plus constructif ». C’est ainsi que sont nés les jardins pirates. Il est important de préciser que ce principe de « planter sans autorisation dans les espaces public délaissés » n’est pas nouveau, il s’inscrit dans une multitude de récits qui ont traversé l’histoire et continuent de fleurir aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>Sur Nancy, plusieurs jardins pirates fleurissent, parfois disparaissent par manque d’entretien. Parmi les grandes plantations des jardins pirates nancéiens, on pourrait citer une trentaine de mirabelliers en février 2025 à trois endroits différents (Haut du Lièvre, fac de médecine et Boudonville), ou les 200 pieds de tomates (ainsi que des concombres, aubergines et melons) en plein milieu de la place Carnot pendant l’été 2025, donnant énormément de tomates. Plus récemment en février 2026, la plantation de 200 framboisiers sur la place Carnot, Boudonville et la porte de la Craffe. Les pirates ont peu de moyens, mais des connaissances dans le domaine des plantes, et du réseau pour venir s’approvisionner, ou créer eux-mêmes leurs plants.</p>



<p>Structuré sur WhatsApp, le groupe compte à l’heure actuelle plus de 70 membres, dont une vingtaine qui ont été actifs à un moment sur l’année. La plus grande journée avec 12 personnes différentes, fut celle de la plantation des 200 framboisiers. Et nous avons encore pu agrandir les rangs de la piraterie avec de nouvelles recrues. Les outils sont cachés dans des lieux que les pirates connaissent pour être accessibles, et les plants partagés pendant la plantation avec la possibilité d’en ramener chez soi. Faire quelque chose sans intérêt personnel, pour le bien commun, permet de fédérer et d’augmenter l’engagement des personnes qui entendent parler de nos actions (via la presse ou les réseaux sociaux). On reçoit alors des propositions de plants, parfois même de terrains avec récemment un prêt gratuit d’un jardin de 1500m2 avenue de la Libération ! Notre prochaine plantation sera celle d’une centaine de mirabelliers en banlieue de Nancy majoritairement.</p>



<p>Face au béton qui déracine nos existences, la ville ne propose qu&rsquo;une nature entravée dans des bacs, étouffée dans sa libre expression. Que les gazons deviennent des morceaux de paradis.</p>
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		<title>Pourquoi Nancy est-elle jumelée avec une ville d’un état génocidaire ?</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Mar 2026 11:41:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Internationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Revue #7]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Depuis 1984, Nancy est jumelée avec Kiryat Shmona, une ville israëlienne fondée sur les ruines du village palestinien Al-Khalisah détruit par Israël en 1948. Bien qu’une commission d’enquête de l’ONU ait reconnu le génocide perpetré par cet État dans un rapport du 16 septembre 20251, les autorités Nancéiennes n’ont jamais remis en question ce [&#8230;]</p>
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<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/jumelage-1024x771.jpeg" alt="" class="wp-image-1202" style="aspect-ratio:1.328133361450873;width:590px;height:auto" srcset="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/jumelage-980x738.jpeg 980w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/jumelage-480x361.jpeg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /></figure>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Depuis 1984, Nancy est jumelée avec Kiryat Shmona, une ville israëlienne fondée sur les ruines du village palestinien Al-Khalisah détruit par Israël en 1948. Bien qu’une commission d’enquête de l’ONU ait reconnu le génocide perpetré par cet État dans un rapport du 16 septembre 2025<sup>1</sup>, les autorités Nancéiennes n’ont jamais remis en question ce jumelage. Nous tentons de vous expliquer pourquoi les élus n’ont pas été à la hauteur de leur mandat sur cette question internationale, alors que le génocide de la population Palestinienne se poursuit.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’impossible discernement du parti « socialiste »</strong></h3>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Parmi les sujets qui ont creusé la distance entre les habitant.es et la mairie, la question du soutien au peuple Palestinien a été parmi les pires manquements que nous avons vécus depuis 2023. Dès le lendemain des massacres organisés par le Hamas, les représentants de la Mairie de Nancy se sont affichés comme soutien à Israël, sans comprendre qu’ils avaient une responsabilité dans la caution qu’ils offraient à cet État dirigé par des politiciens d’extrême droite assumant le nettoyage ethnique et la colonisation comme politique. Emboitant le pas des dirigeants socialistes nationaux, de la droite et de l’extrême-droite, la classe politique locale n’a jamais voulu dénoncer la punition dramatique que l’État d’Israël commettait à l’encontre des Palestiniens. En 2 ans et demi de guerre, Matthieu Klein a toujours soigneusement évité d’utiliser le terme de génocide pour caractériser la politique d’Israël tout en condamnant systématiquement et avec redondance le Hamas dans ses prises de positions. Concrètement, nous avons pu voir la mairie éclairée aux couleurs d’Israël le 9 octobre 2023<sup>2</sup> mais lorsque des marié.es se sont affiché.es avec le drapeau Palestinien au balcon de la mairie en juin 2025<sup>3</sup> ces personnes se le sont vu arracher par des agents de la Mairie.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un mépris envers certaines communautés ?</strong></h3>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il ne serait pas juste de définir la position de Matthieu Klein comme étant bêtement anti-palestinienne ou pro-israélienne, car il a parfois fait des apparitions lors de rassemblements de l’Association France Palestine Solidarité. Cette position est surtout le résultat d’un manque de cohérence politique et d’un mépris caractéristique des élus envers certaines communautés. Nous nous souvenons que le Maire avait par exemple participé avec son adjoint Bora Yilmaz à une journée de lutte contre l’antisémitisme organisée le 29 Novembre 2024, journée internationale de soutien au peuple Palestinien. Ou encore, que la Mairie avait placé une banderole demandant la libération des otages et la Paix, sans aucune mention du génocide ou des massacres que vivaient les palestiniens, alors que sous les fenêtres se tenait, le jour même, une commémoration déchirante, sous forme de lecture des noms des personnes assassinées à Gaza. Plus récemment, la ville de Nancy a décidé de nommer la future médiathèque du Haut-du-Lièvre du nom de la poétesse Palestinienne Fadwa Touquan, en déclarant, dans le même temps, qu’il y aurait également un cofinancement d’un monument à la mémoire des victimes de la Shoah<sup>4</sup>. Derrière ce soi-disant équilibre, il y a toujours une volonté de ne pas montrer un soutien fort à des dizaines de milliers victimes, au risque de froisser les agresseurs. <strong>En définitive, le sentiment qui caractérise le plus la Mairie de Nancy à l’égard de la Palestine a été la lâcheté.</strong> A aucun moment nous n’avons pu lire ou entendre une prise de décision qui soit un soutien franc et sincère à un peuple vivant un génocide caractérisé, selon les critères de l’ONU issue de la seconde guerre mondiale marquée par la Shoah. Ce que ne semblent pas comprendre les élus ici et ailleurs, c’est que ce genre de geste est le reflet de leur mépris et qu’il envoie un message à des communautés entières, qu’elles soient arabes, juives, musulmanes, chrétiennes ou autres. Le message ici est simple : « nous méprisons votre réalité ».</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’aveuglement du sionisme&nbsp;</strong></h3>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Interrogée par Assemblage, une personne de la communauté juive nous expliquait que le 7 octobre avait transformé la communauté juive organisée de Nancy. Elle serait passée d’une forme de progressisme modéré à une radicalisation de ses positions coloniales pro-israéliennes, à tel point que le soutien au peuple Palestinien y est devenu tabou. Aux vu des positions pro-palestiniennes que défendent les juifs et juives présentes dans les luttes sociales, nous en concluons que le problème est que c’est seulement avec cette communauté structurée que communique Matthieu Klein et que celle-ci a opéré un virage politique depuis 2023. Ce que l’élu ne comprend pas c’est que beaucoup de juifs et juives ne se sentent pas du tout représenté par cette vision de la religion juive, car le sentiment d’appartenance à la communauté juive ne passe certainement pas que par la religion et encore moins par le soutien à un état fasciste. Pire, l’assimilation entre « soutien à Israël » et « communauté juive » à travers la condamnation des propos anti-sionnistes comme étant de l’antisémitisme participe à réduire au silence une partie des juifs pacifistes, tout en donnant la parole à l’extrême droite pro-israélienne !</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Faire vivre ici le combat des Palestienien.nes</strong></h3>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Finalement, l’aveuglement des autorités locales pour la cause Palestinienne suit la trajectoire des trahisons des progressistes modérés à l’égard des peuples opprimés et des personnes racisées ou des musulman.es. Il est considéré comme acceptable de soutenir un arabe seulement si c’est une poétesse, que c’est fait sans trop de bruit et que ça ne remet pas en cause le soutien à une logique coloniale défendue par les occidentaux. Ce qui est triste mais pas surprenant, c’est que nos élus locaux pourraient avoir le courage de prendre des mesures fortes comme la rupture du jumelage avec Kiryat Shmona, construite sur les cendres du peuple Palestinien, afin d’envoyer un message international et local. Certes, cela blesserait des personnes pro-israéliennes mais cela serait aussi faire le choix du courage, celui de regarder le camp des victimes de la colonisation plutôt que de faire croire que la paix s’atteint sans froisser les agresseurs. Il reste que c’est bien en écoutant les personnes des communautés qui se sentent concernées que nous pourrons sérieusement construire des revendications et des rapports de force que la future équipe municipale sera obligée de respecter.</p>



<p>1<a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/09/16/selon-une-commission-d-enquete-du-conseil-des-droits-de-l-homme-de-l-onu-israel-commet-un-genocide-dans-la-bande-de-gaza_6641360_3210.html">https://www.lemonde.fr/international/article/2025/09/16/selon-une-commission-d-enquete-du-conseil-des-droits-de-l-homme-de-l-onu-israel-commet-un-genocide-dans-la-bande-de-gaza_6641360_3210.html</a></p>



<p>2<a href="https://www.francebleu.fr/infos/international/plusieurs-centaines-de-personnes-place-stanislas-en-soutien-aux-victimes-des-attaques-terroristes-en-israel-2248130">https://www.francebleu.fr/infos/international/plusieurs-centaines-de-personnes-place-stanislas-en-soutien-aux-victimes-des-attaques-terroristes-en-israel-2248130</a></p>



<p>3<a href="https://actu.fr/grand-est/nancy_54395/video-un-drapeau-palestinien-brandi-par-des-maries-a-nancy-voici-ce-qu-il-s-est-vraiment-passe_62785524.html">https://actu.fr/grand-est/nancy_54395/video-un-drapeau-palestinien-brandi-par-des-maries-a-nancy-voici-ce-qu-il-s-est-vraiment-passe_62785524.html</a></p>



<p>4<a href="https://www.estrepublicain.fr/politique/2025/09/30/la-mediatheque-du-haut-du-lievre-portera-le-nom-d-une-poetesse-palestinienne">https://www.estrepublicain.fr/politique/2025/09/30/la-mediatheque-du-haut-du-lievre-portera-le-nom-d-une-poetesse-palestinienne</a></p>
<p>L’article <a href="https://assemblage.media/2026/03/14/pourquoi-nancy-est-elle-jumelee-avec-une-ville-dun-etat-genocidaire/">Pourquoi Nancy est-elle jumelée avec une ville d’un état génocidaire ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://assemblage.media">Assemblage</a>.</p>
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		<title>Tout filmer pour ne rien changer : État des lieux de la vidéosurveillance à Nancy</title>
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		<dc:creator><![CDATA[assemblage]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Mar 2026 20:48:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Revue #7]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Toutes les mairies socialistes l’ont bien compris depuis 20 ans, un électorat bourgeois et vieillissant, ça peut en partie s’acheter avec des caméras de vidéosurveillance. À Nancy comme ailleurs, celles-ci quadrillent les rues. Il s’agit officiellement d’améliorer la « sécurité » dans la métropole (empêcher la survenue de crimes et délits) et d’aider dans la [&#8230;]</p>
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<p>Toutes les mairies socialistes l’ont bien compris depuis 20 ans, un électorat bourgeois et vieillissant, ça peut en partie s’acheter avec des caméras de vidéosurveillance. À Nancy comme ailleurs, celles-ci quadrillent les rues. Il s’agit officiellement d’améliorer la « sécurité » dans la métropole (empêcher la survenue de crimes et délits) et d’aider dans la résolution des enquêtes. L’absence totale d’effet sur le premier indicateur et le (très) faible impact sur le second<sup>i</sup> n’arrêtent pas les édiles, qui en installent de nouvelles chaque année.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pour quel coût ?</h3>



<p>D’après des documents publics, la métropole comptait 196 caméras fin 2025<sup>ii</sup>, directement gérées par le Centre de supervision urbain (CSU). Mis en place par la droite en 2019 <em>pour un coût de 750 000 €</em><sup>iii</sup>, le CSU est une pièce<em>plein</em><em>e </em><em>d’écrans permettant de visualiser en direct les scènes filmées par les caméras &#8230; « 24h/24 et 7j/7, en partenariat avec les communes adhérentes, l’État et l’ensemble des forces de l’ordre »</em><sup>iv</sup>. Les communes doivent payer pour que leurs caméras soient raccordées au CSU (choix fait par 14 communes sur les 20 composant la métropole). Le montant s’échelonne entre 1000 et 2000 euros par an et par caméra, chaque forfait correspondant à un niveau de vigilance que les gens chargés de regarder les écrans devront respecter (surveillance seulement le jour, la nuit aussi, etc).&nbsp;</p>



<p>Dans les faits, Nancy possède donc plus que 196 caméras : il y a toutes celles qui ne sont pas raccordées au CSU, mais aussi celles posées par des commerçants (banques, fleuristes, bar-tabac), celles présentes aux abords des gares et bâtiments publics, etc. Toutes ne sont donc pas visionnées « 24h/24 et 7j/7 », même celles raccordées au CSU, puisque cela dépend du forfait choisi par chacune des 14 communes. La métropole a récemment remplacé tout son parc de caméras fixes pour un coût unitaire de 5000 euros<sup>v</sup>, pour une somme totale avoisinant (au minimum) le million d’euros.</p>



<p>Les caméras fixes du CSU sont complétées par « 6 caméras nomades pouvant être installées à la demande des communes adhérentes au CSU. D&rsquo;après le Procès Verbal du conseil municipal de Vandœuvre<sup>vi</sup> (avril 2023), le coût de remplacement d’une caméra nomade était de 12 480,59€ hors taxes.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="721" height="515" src="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/communes-ahérentes-au-CSU.png" alt="" class="wp-image-1192" srcset="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/communes-ahérentes-au-CSU.png 721w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/communes-ahérentes-au-CSU-300x214.png 300w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/communes-ahérentes-au-CSU-480x343.png 480w" sizes="(max-width: 721px) 100vw, 721px" /><figcaption class="wp-element-caption"><br><em>Communes adhérentes au CSU (site de la métropole)</em></figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Un modèle certifié « 1984 »</h3>



<p>Ces nouvelles caméras sont autrement plus performantes que les anciennes, comme nous l’explique avec passion Éric Da Cunha, maire de Laneuveville :&nbsp;</p>



<p>« Ce sont des caméras Pan Tilt Zoom, ça veut dire que l’on a panorama, qu&rsquo;on visualise, et que <strong>la caméra elle fait un zoom toute seule </strong>sur elle-même. Elle est capable de le faire toute seule. <strong>Dès qu&rsquo;elle voit quelque chose qui se passe, elle fait un zoom donc c’est plutôt pas mal </strong>»<sup>vii</sup></p>



<p>Nos observations nous ont permis de remonter jusqu’au constructeur sud-coréen Hanwha Vision (<a href="https://hanwhavision.eu/"><u>https://hanwhavision.eu/</u></a>), dont le site nous apprend qu’il pourrait s’agir de modèles des séries Q ou X<sup>viii</sup> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>  » La série X (voir photo 2) est vraiment super car elle propose de la reconnaissance faciale : « détection directionnelle, détection de brouillard, détection des visages, détection de mouvement, apparition/disparition, entrée/ sortie, sabotage, maraudage, ligne virtuelle, détection des chocs »</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>La série Q est en revanche un peu décevante, car elle ne permet que la  « détection directionnelle, détection de mouvement, entrée/sortie, sabotage, ligne virtuelle »</li>
</ul>



<p>Les deux séries proposent donc de « l’analyse vidéo » en temps réel (soit de la vidéosurveillance algorithmique, VSA<sup>ix</sup>), et aussi de « l’analyse audio ».&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La tech,la tech,la tech !</strong></h3>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="313" height="514" src="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/camera-2.png" alt="" class="wp-image-1193" srcset="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/camera-2.png 313w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/camera-2-183x300.png 183w" sizes="(max-width: 313px) 100vw, 313px" /><figcaption class="wp-element-caption"><br><em>modèle XNP-9250R</em><a id="sdendnote1anc" href="#sdendnote1sym"><sup>i</sup></a><em>, et aspect des nouvelles caméras de la métropole de Nancy (il en existe aussi en noir).</em><br><a id="sdendnote1sym" href="#sdendnote1anc">i</a>https://hanwhavision.eu/product/xnp-9250r/</figcaption></figure>



<p>Ces technologies d’analyse automatisée des images, actuellement illégales en France, ont été expérimentées pendant les JO 2024. Elles bénéficient de promoteurs de renom au plus haut sommet de l’état (Darmanin et Retailleau), qui souhaiteraient même que soit autorisée la reconnaissance faciale.&nbsp;</p>



<p>Plein de caméras visionnées par des gens sous-payés qui se font chier comme des rats morts n’est pas d’une grande efficacité, mais il ne faut pas douter que plein de caméras analysées, en temps réel, par des algorithmes, le sera beaucoup plus. En utilisant nos impôts pour installer des nouvelles caméras sur lesquelles peuvent être implémentées des technologies liberticides, la métropole facilite le travail aux apprentis fachos qui rêvent de prendre les rênes du pays en 2027. Cette absence de prise en compte des effets délétères de ces technologies sur nos libertés politiques et notre vie privée s’incarne également dans la participation de la mairie à un projet comme Urbanloop, espèces de voitures sur rails prévues pour être équipées de caméras sur tout le tracé ainsi qu’aux passages à niveau. Enfin, en envoyant au rebut 200 caméras encore fonctionnelles, la métropole participe gaiement au ravage social et environnemental que sont les décharges de déchets électroniques<sup>x</sup> ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">A droite comme à gauche, toujours plus de caméras</h3>



<p>Les socialistes paraissent toujours modérés face aux gros bourrins de droite, ce qui leur permet d’étendre tranquillement la vidéosurveillance sans contestation (et il faut le reconnaître aussi, avec l’assentiment d’une partie de leur électorat qui en redemande). La campagne municipale de Nancy n’échappe pas à cette logique : face à l’ancien maire Laurent Hénart (qui semble vivre dans GTA) promettant 500 caméras, Mathieu Klein passe pour un défenseur des libertés publiques. En effet, lui assure qu’il va simplement continuer sur sa lancée :&nbsp;</p>



<p>« Nous avons créé [sic] 30% de caméras de vidéosurveillance supplémentaires, et nous continuerons d’ailleurs sur cette dynamique. »</p>



<p>Plutôt que d’agir sur les causes structurelles d’une insécurité (quand celle-ci est réelle), c’est la fuite en avant vers plus d’infrastructures de surveillance et plus de répression qui l’emporte. Comme souvent, le choix entre la droite ou la gauche « de gouvernement » ne change donc pas la direction empruntée, mais seulement la vitesse à laquelle on l’emprunte.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Si tu ne sais pas quoi faire, tu peux &#8230;</strong></h3>



<p>&#8211; Repérer les caméras près de chez toi et compléter la carte de Nancy (voir ce tutoriel<sup>xi</sup>)</p>



<p>&#8211; Rejoindre des collectifs en lutte contre la vidéo-surveillance (stopvideosurveillance54@proton.me)</p>



<p>&#8211; Rappeler à tes proches anxieux qu’on n’est pas en guerre civile et que les caméras n’évitent ni les morts ni les canicules</p>



<p>i On ne peut pas s’empêcher de rappeler les résultats d’une des rares études scientifiques sur le sujet : « sur&nbsp; 1 939 enquêtes, 22 seulement à avoir été élucidées ont pu bénéficier d’éléments tirés de l’exploitation d’enregistrements de vidéoprotection publique, soit 1,13 % du total. »&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/12/22/une-etude-commandee-par-les-gendarmes-montre-la-relative-inefficacite-de-la-videosurveillance_6106952_3224.html"><u>https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/12/22/une-etude-commandee-par-les-gendarmes-montre-la-relative-inefficacite-de-la-videosurveillance_6106952_3224.html</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>ii 186 dans ce document&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.grandnancy.eu/fileadmin/fichiers/_PUBLICATIONS_LEGALES/FINANCES/2025/BP_2025.pdf"><u>https://www.grandnancy.eu/fileadmin/fichiers/_PUBLICATIONS_LEGALES/FINANCES/2025/BP_2025.pdf</u></a> ; auxquelles il faut ajouter les 10 caméras annoncées dans le rapport du même budget&nbsp; <a href="https://www.nancy.fr/fileadmin/NAN/vie-municipale/Budget_de_la_ville/PDF/budget-primitif/2025-rapport-presentation-budget-primitif.pdf"><u>https://www.nancy.fr/fileadmin/NAN/vie-municipale/Budget_de_la_ville/PDF/budget-primitif/2025-rapport-presentation-budget-primitif.pdf</u></a></p>



<p>iii<a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-04/GER202527.pdf"><u>https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-04/GER202527.pdf</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>iv<a href="https://www.grandnancy.eu/fileadmin/fichiers/_PUBLICATIONS_LEGALES/FINANCES/2025/BP_2025.pdf"><u>https://www.grandnancy.eu/fileadmin/fichiers/_PUBLICATIONS_LEGALES/FINANCES/2025/BP_2025.pdf</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>v<a href="https://www.nancy.fr/fileadmin/NAN/vie-municipale/Budget_de_la_ville/PDF/budget-primitif/2025-rapport-presentation-budget-primitif.pdf"><u>https://www.nancy.fr/fileadmin/NAN/vie-municipale/Budget_de_la_ville/PDF/budget-primitif/2025-rapport-presentation-budget-primitif.pdf</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>vi<a href="https://www.vandoeuvre.fr/wp-content/uploads/2023/04/PVCM03042023_signed.pdf"><u>https://www.vandoeuvre.fr/wp-content/uploads/2023/04/PVCM03042023_signed.pdf</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>vii<a href="https://www.ville-laneuveville-devant-nancy.fr/images/2025/PV-CM-20032025.pdf"><u>https://www.ville-laneuveville-devant-nancy.fr/images/2025/PV-CM-20032025.pdf</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>viiiPlus précisément, 7 modèles correspondent à l’aspect de ces caméras (sur lesquelles est marqué « Wisenet ») : QNP-6250R, QNP-6320R, XNP 9250 R, XNP 9250, XNP 8250 R, XNP 6400 et XNP 6400 R. La lettre R précise si elles sont à vision infrarouge (vision nocturne), ce qui est très probablement le cas de celles du groupement d’achat de la métropole.</p>



<p>ixPour plus d’infos à ce sujet, voir la brochure de la Quadrature du net : <a href="https://www.laquadrature.net/toutsurlavsa/"><u>https://www.laquadrature.net/toutsurlavsa/</u></a></p>



<p>x&nbsp; Comme par exemple au Ghana, dont la décharge de déchets électroniques est connue pour faire travailler des enfants dans des conditions sanitaires et environnementales exécrables :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.bbc.com/afrique/articles/cn4vpgz4g5xo"><u>https://www.bbc.com/afrique/articles/cn4vpgz4g5xo</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>xi<a href="https://manif-est.info/Appel-a-cartographie-des-cameras-de-videosurveillance-3427.html"><u>https://manif-est.info/Appel-a-cartographie-des-cameras-de-videosurveillance-3427.html</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
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		<title>La Place des Solidarités : réinventer nos liens dans une perspective anticapitaliste </title>
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		<dc:creator><![CDATA[assemblage]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Mar 2026 08:36:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Revue #7]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les origines de la place des Solidarités : les suites du mouvement « Indignons-nous &#8211; Bloquons tout » du 10 septembre 2025 Cette proposition est née des AG populaires et citoyennes à Vandoeuvre. Elle est portée par un collectif mouvant composé de profils très différents apportant une richesse d&#8217;analyse et de vécus.&#160; Des envies communes en ont [&#8230;]</p>
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<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="816" src="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/ASBG-7-place-des-solidarité-1024x816.jpg" alt="" class="wp-image-1189" style="aspect-ratio:1.2548920338462675;width:538px;height:auto" srcset="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/ASBG-7-place-des-solidarité-1024x816.jpg 1024w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/ASBG-7-place-des-solidarité-300x239.jpg 300w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/ASBG-7-place-des-solidarité-768x612.jpg 768w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/ASBG-7-place-des-solidarité-1536x1224.jpg 1536w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/ASBG-7-place-des-solidarité-1080x860.jpg 1080w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/ASBG-7-place-des-solidarité-1280x1020.jpg 1280w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/ASBG-7-place-des-solidarité-980x781.jpg 980w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/ASBG-7-place-des-solidarité-480x382.jpg 480w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/ASBG-7-place-des-solidarité.jpg 1898w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les origines de la place des Solidarités : les suites du mouvement « Indignons-nous &#8211; Bloquons tout » du 10 septembre 2025</strong></h3>



<p>Cette proposition est née des AG populaires et citoyennes à Vandoeuvre. Elle est portée par un collectif mouvant composé de profils très différents apportant une richesse d&rsquo;analyse et de vécus.&nbsp;</p>



<p>Des envies communes en ont émergé. Il s&rsquo;agissait de créer un espace de gratuité pour expérimenter concrètement des alternatives possibles au système qu’on veut nous imposer. Nous avions également à cœur de lutter contre les exclusions en occupant et revendiquant l&rsquo;espace public,&nbsp; en lui donnant vie et en le partageant ensemble. Ainsi, la gare est apparue comme un endroit symbolique de ces exclusions, favorisées par les pouvoirs publics et privés. En ce sens, nous avions en tête de proposer un espace d&rsquo;expression et de vie co-construit avec qui le veut, qui appartiendrait à tous et toutes. Enfin, il était question d&rsquo;agir plutôt que subir en ayant une autonomie d&rsquo;action. Ce lieu imaginé permettrait de redonner un élan dans nos luttes, de donner envie de s&rsquo;engager dans l&rsquo;action et de sortir de l&rsquo;impuissance, de rendre visible des moyens de résistances, de se rencontrer hors de nos cercles afin d&rsquo;ouvrir et lier nos luttes sociales, écologiques, antifascistes, décoloniales, féministes, LGBTQIA+&#8230;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La Place des solidarités : cinq mois d&rsquo;expérience collective</strong></h3>



<p>Un vendredi par mois, nous avons pu proposer différentes choses sous différentes formes : une zone de gratuité (vêtements adulte et enfant / produits d&rsquo;hygiène collectés / jouets), un repas partagé fait par une cantine solidaire ou directement cuisiné sur place ainsi que des boissons chaudes et des pâtisseries maison tout au long de la journée, la présence d&rsquo;associations locales engagées, un open-mic, des prises de parole, quelques concerts et une fresque collective.</p>



<p>Pour cela, nous avons décidé de nous organiser de manière autonome en faisant appel à la débrouille&nbsp; : collectes, récupérations d&rsquo;invendus, ateliers de banderoles, rédactions et diffusions de tracts et affiches&#8230;&nbsp;</p>



<p>Nous avons pu compter sur le soutien de différents lieux, la MJC Lillebonne et l&rsquo;UL CGT, pour nous accueillir et nous aider logistiquement.</p>



<p>Par contre, nous avons pu faire le constat de la difficulté, voire de l&rsquo;impossibilité, d&rsquo;obtenir le soutien des services de la mairie dans l&rsquo;organisation d&rsquo;un espace de solidarité locale et internationale. En effet, et pour exemple, nous n&rsquo;avons jamais eu accès à l&rsquo;électricité, pourtant demandée à plusieurs reprises, sous prétexte que cet événement est un « événement revendicatif »</p>



<p>Par toutes ces initiatives, nous tentons de reposséder nos espaces communs, de créer du lien et du liant, de faire exister nos actions, nos envies, nos espoirs et penser des futurs plus désirables, solidaires, inclusifs et égaux. Nous en appelons à la créativité, à l&rsquo;envie de faire, à l&rsquo;envie de partager et de créer de chacun et chacune.</p>



<p>C&rsquo;est une action directe positive, de résistance collective et d&rsquo;autogestion qui, avouons le, est déjà une victoire sur le système.</p>



<p>C&rsquo;est un espace partagé où des personnes de tous horizons se rencontrent avec des vécus, des souffrances,&nbsp; et des imaginaires pouvant se télescoper. Il est donc parfois complexe et délicat de garantir un espace totalement safe, protégé de toute forme de violence.&nbsp;</p>



<p>Pour autant, cette mixité et cette inclusivité permettent de se connaître, se reconnaître, se comprendre et se soutenir dans notre ville de Nancy. Aller place de la gare, c&rsquo;est rencontrer des personnes toujours marginalisé·es par les discours dominants et les médias. L&rsquo;espace d&rsquo;un instant, il n&rsquo;y a pas des personnes à éviter mais bien des personnes avec qui partager, qui trimballent des vies dont iels souhaitent parler.&nbsp;</p>



<p>Si on s&rsquo;écoute, les gens se parlent. Si on on s&rsquo;évite, les gens construisent des murs. Si on s&rsquo;entraide, nous changeons ensemble.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un futur en construction et en réflexion&nbsp;</strong></h3>



<p>Nous avons le sentiment que cette initiative est bien accueillie. Des personnes l&rsquo;attendent d&rsquo;un mois à l&rsquo;autre et viennent participer à l&rsquo;organisation sur place le jour même. Ce sont autant de retours qui donnent sens et envie.&nbsp;</p>



<p>Pour autant, après cinq mois, nous sommes traversé·es par des questionnements et un besoin de ralentir, de prendre du recul pour mieux cerner nos perspectives et le sens de nos actions. Nous tenons à être vigilant·es aux questions d&rsquo;intersectionnalité et donc à veiller à ce que les dominations de genre, de classe, de race&#8230;. ne se reproduisent pas dans cet espace ; d&rsquo;autant que les personnes peuvent subir plusieurs oppressions et stigmatisations. Nous voulons également prendre en compte nos possibles « loupés » et réfléchir à ne pas figer nos actions dans un mode unique de fonctionnement</p>



<p>Nous pouvons considérer ces derniers mois comme une ébauche, un chantier où tout est encore à penser et construire : pour qui faisons-nous cela ?&nbsp; Est-on encore « Indignons-Nous-Bloquons tout »? Quels modes d&rsquo;action (car notre action débloque plutôt qu&rsquo;elle ne bloque) ? Partageons-nous tous·tes les mêmes envies futures ?&nbsp;</p>



<p>La dernière Place des Solidarités s&rsquo;est donc tenue en février mais nous faisons une pause en mars.&nbsp;</p>



<p>Rejoignez-nous et ensemble soyons force de propositions pour les mois à venir, car il devient nécessaire et urgent d&rsquo;incarner les changements que nous souhaitons !</p>
<p>L’article <a href="https://assemblage.media/2026/03/07/la-place-des-solidarites-reinventer-nos-liens-dans-une-perspective-anticapitaliste/">La Place des Solidarités : réinventer nos liens dans une perspective anticapitaliste </a> est apparu en premier sur <a href="https://assemblage.media">Assemblage</a>.</p>
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		<title>Urban Loop : Des bâtons dans les rails</title>
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		<dc:creator><![CDATA[assemblage]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 09:34:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Revue #7]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Critiques écologiques, démocratiques et urbanistiques : Enquête sur un projet contestée de la métropole. Son nom est un clin d&#8217;œil à l&#8217;Hyperloop, mégaprojet de transport ultra-rapide imaginé par Elon Musk. Il a incubé dans les « meilleurs labos » de l&#8217;université, a paradé aux JO Paris 2024 et se voit déjà conquérir les écolos du [&#8230;]</p>
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<p>Critiques écologiques, démocratiques et urbanistiques : Enquête sur un projet contestée de la métropole.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250725_210343_810-1024x771.jpg" alt="" class="wp-image-1171" srcset="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250725_210343_810-980x738.jpg 980w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/IMG_20250725_210343_810-480x362.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /></figure>



<p>Son nom est un clin d&rsquo;œil à l&rsquo;Hyperloop, mégaprojet de transport ultra-rapide imaginé par Elon Musk. Il a incubé dans les « meilleurs labos » de l&rsquo;université, a paradé aux JO Paris 2024 et se voit déjà conquérir les écolos du monde entier avec son bilan carbone super bas… à commencer par Abu-Dhabi. En attendant, c&rsquo;est la ville de Nancy qui a été choisie pour déployer pour de vrai (mais pas pour très longtemps) les capsules bleues, en 2028. Si l&rsquo;ambition de son grand frère de concurrencer l&rsquo;avion semble avoir un peu freiné les investisseurs, l&rsquo;Urbanloop affiche aussi des ambitions révolutionnaires (bilan carbone, vitesse, économie) mais ne concurrencera en réalité que… la marche ou le vélo.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La technologie sauvera le monde (ou le b</strong><strong>u</strong><strong>s</strong><strong>i</strong><strong>ness) mais pas la démocratie.</strong></h3>



<p>Urbanloop est un moyen de transport guidé sur rails à mi-chemin entre le transport collectif et la navette à la demande. À Nancy, ce projet est l&rsquo;exemple de ces lubies techno-solutionnistes d&rsquo;un capitalisme à bout de souffle. Concrètement, les capsules du futur sont censées s&rsquo;arrêter à la demande, grâce à des capteurs de détection, et se déplacer à 30 km/h sur les 3 kilomètres de l&rsquo;actuelle voie ferrée désaffectée du quartier des Trois Maisons. Porté par une société privée, Urbanloop déroulerait 7 stations entre le parking-relais de Maxéville et l’arrêt de trolley Saint-Georges.</p>



<p>Les habitant.es ont-ils seulement leur mot à dire ?&nbsp;</p>



<p>Le projet est déjà ficelé, comme nous avons pu le constater lors des réunions publiques organisées ces dernières semaines. On était invité.es à laisser notre avis à l&rsquo;aide de post-its et de gommettes de couleurs dans une opération infantilisante et méprisante de communication bien éloignée d&rsquo;une réelle concertation. Si l&rsquo;avis des habitant.es ne sert<strong> à rien :</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>à quoi peut bien servir Urbanloop ?&nbsp;</strong></h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>Remplacer la voiture ? À Saint-Quentin-en-Yvelines durant les JO et à la base de loisirs du parc d&rsquo;Ohlain (Pas-de-Calais), Urbanloop n&rsquo;a remplacé rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un petit train touristique. Pas vraiment révolutionnaire&#8230;</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mieux desservir le quartier ? Urbanloop met en avant la vitesse de déplacement. Sur un trajet aussi court, les capsules permettent de gagner au mieux 10 minutes. Si les transports collectifs accessibles au plus grand nombre sont insuffisants, pourquoi ne pas améliorer le réseau de bus existant et développer des points d&rsquo;échanges multimodaux ? De plus, avec l&rsquo;abandon du projet de cité judiciaire sur l&rsquo;ancien site Alstom, Urbanloop ne se justifie plus.&nbsp;&nbsp;</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Une solution de transport durable ? Urbanloop serait remplacé en 2045 par un tram-train qui relierait Pompey à Ludres, comme l&rsquo;a reconnu récemment le VP chargé des mobilités Patrick Hatzig<sup>1</sup>. L&rsquo;investissement sera à peine amorti pour la ville&#8230; mais l&rsquo;entreprise se sera servi de la ville-pilote (ou cobaye ?) pour développer ses parts de marché. Habile.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Une innovation ? Les capsules mises en circulation pendant les JO puis à Dunkerque ont été mises en route à titre expérimental et éphémère, il n&rsquo;y a nul retour sur cette technologie. Nancy et la région ont déjà fait les frais de telles expérimentationsavec le tram Bombardier, ou le projet Skylander<sup>2</sup>. Des fiascos industriels.&nbsp;</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Faut-il se voir imposer Urbanloop pour garder des espaces verts ?</strong></h3>



<p>Le projet de parc urbain a donc été conçu pour faire accepter un projet inutile et coûteux. Plus de 20 millions d&rsquo;euros à nos frais. Arbustes, chemin piéton, piste cyclable et jeux pour enfants sont prévus pour éviter de contrecarrer les projets de Mathieu Klein. Le critiquer serait servir ses opposants de droite ? Comme si ceux-ci n&rsquo;étaient pas également les tenants d&rsquo;une urbanisation oublieuse du bien-vivre. Faut-il se voir imposer Urbanloop pour garder des espaces verts ?&nbsp;</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, l&#8217;emprise de l&rsquo;ancienne voie ferrée du quartier Vayringe est un espace de balade non aménagé, certes pas toujours praticable pour les personnes à mobilité réduite, mais très apprécié des promeneur.euses. Bien qu’appelés friches ou « dents creuses », les espaces que Urbanloop a besoin d&rsquo;« aménager » ont déjà une fonction : ils rafraîchissent, nourrissent, baladent, font respirer, abritent. Le <em>parc</em> promis, un grand mot pour un couloir de moins de 5 mètres de large, serait un espace fragmenté, longé de barrières et de capsules automatiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Qui a intérêt au développement d&rsquo;Urbanloop ?&nbsp;</strong></h3>



<p>Les Nancéien.nes ou les promoteurs immobiliers prêts à s&rsquo;engager dans la construction de plusieurs centaines de logements<sup>3</sup> ? Avec Urbanloop, la ville livre le quartier à l&rsquo;appétit des investisseurs en accélérant la gentrification de plusieurs quartiers.&nbsp;</p>



<p>Avec Urbanloop, c&rsquo;est aussi un imaginaire de ville qui se dessine : une <em>smart city</em> (ville intelligente) productive, attirant les cadres et les ingénieur.es, une ville sécuritaire, mobilisant toujours plus de technologie, truffée de caméras de surveillance. Pour la détection d&rsquo;obstacles, Urbanloop utilise une technologie dont le déploiement sur la voie publique est pour l&rsquo;instant interdit en France : la vidéosurveillance algorithmique (<strong><em>voir encadré</em></strong>).&nbsp;</p>



<p>Le « solutionnisme sécuritaire »<sup>4</sup> et son obsession pour la surveillance, renommée pudiquement «vidéoprotection».</p>



<p>Car la <em>ville intelligente </em>se rêve aussi comme une ville propre, débarrassée des pauvres et des précaires, chassés par la hausse des prix des loyers. La promesse d&rsquo;innovation ne parvient pas à masquer un projet anti-social et ultra-sécuritaire.</p>



<p>Parier sur la technologie pour sauver la planète, voilà l&rsquo;entourloupe du capitalisme vert, qui mise tout sur la tech et le nucléaire<sup>5</sup> sans aborder les coûts environnementaux et sociaux, présents et à venir, de ces technologies. Cette récupération de l&rsquo;argument d&rsquo;écologisation ou de « transition » écologique pour pousser une solution technologique qui, <em>in fine</em>, ne profitera qu&rsquo;aux industriels ou start-uppers s&rsquo;étant accaparé au passage de l&rsquo;argent public, fait dramatiquement écho à cette prophétie de Bernard Charbonneau : « <em>Ce seront les divers responsables de la ruine de la terre qui organiseront le sauvetage du peu qui en restera</em><em><sup>6</sup></em> ».</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les Nancéien.es ne sont pas des cobayes.</strong></h3>



<p>Depuis quelques mois un collectif d&rsquo;opposant.es se réunit sous l&rsquo;intitulé « Entourloop » et entend faire entendre raison aux décideurs en écoutant les nancéien.nes. Le mardi 3 février à Ancrage, au coeur du quartier Vayringe, une discussion conviviale proposée par des personnes de ce collectif a réuni une soixantaine de personnes, habitant.es du quartier mais pas seulement. Pas de post-its de couleurs ni de powerpoint, mais une écoute sincère et des arguments pour comprendre les réels impacts de ce projet sur nos vies. Ici le message était clair, nous nous opposerons à Urbanloop car il ne convainc ni les habitant.es, ni les écolos, ni les démocrates.</p>



<h1 class="wp-block-heading">Reconnaissance faciale : mais que fait la technopolice ?</h1>



<p>Urbanloop, ce sont des capsules « autonomes », sans chauffeur. Comment fonctionne cette technologie ? Sur son site Internet, l&rsquo;entreprise met en avant le dispositif CROSS, « des capteurs embarqués » pour « sécuriser le passage des capsules au niveau des intersections avec les véhicules et les piétons »<sup>7</sup>. On y évite de parler de surveillance et d&rsquo;algorithmes, même l&rsquo;incontournable IA se fait discrète.</p>



<p>Pour les néophytes que nous sommes, il faut chercher du côté des partenaires et des ingénieur.es pour en savoir un peu plus. Du côté de son partenaire Bouygues, on met en avant la connectivité 5G, seule capable d&rsquo;interconnecter les caméras et d&rsquo;interpréter la masse de données issues de la surveillance des voies<sup>8</sup>.</p>



<p>Car la détection visuelle des obstacles repose sur un système de surveillance algorithmique, autrement dit une caméra boostée à l&rsquo;intelligence artificielle. D&rsquo;ailleurs, un dossier oublié sur Github par un ingénieur des Mines ayant travaillé sur le projet Urbanloop de 2020 à 2024 et aujourd&rsquo;hui ingénieur à Montréal nous renseigne sur le dispositif testé par Urbanloop en matière de <em>computer vision</em><em><sup>9</sup></em>.</p>



<p>Ici, c&rsquo;est le très banal (et open source) Yolo qui est testé par Urbanloop pour la détection d&rsquo;objets ou d&rsquo;humains. Un système qui promet, entre autres, d' »améliorer la détection des menaces en direct et [de] permettre une surveillance plus intelligente » (Ultralytics).</p>



<p>Les photographies de l&rsquo;ingénieur sont parlantes :&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="562" src="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/urban-loop-chien.png" alt="" class="wp-image-1169" srcset="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/urban-loop-chien.png 1000w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/urban-loop-chien-980x551.png 980w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/urban-loop-chien-480x270.png 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1000px, 100vw" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Légende : « Je verrai toujours vos visages », la ville dystopique vue par Urbanloop en 2022…  Source : </em><a href="https://github.com/Pierrosin/UrbanLoop_obstacle_detection/"><u>https://github.com/Pierrosin/UrbanLoop_obstacle_detection/</u></a></figcaption></figure>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/urban-loop-IA-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-1170" srcset="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/urban-loop-IA-980x653.jpg 980w, https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/03/urban-loop-IA-480x320.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1024px, 100vw" /></figure>



<p>Des photos qui ne figurent pas dans les vidéos promotionnelles de l&rsquo;entreprise ou de la métropole. Même si le système n&rsquo;a pas a priori recours à la reconnaissance faciale, toujours interdite à ce jour<sup>10</sup>, le risque de profilage et le devenir de ces données interroge. Aux dernières nouvelles, une proposition de loi « <em>visant à autoriser le traitement algorithmique des images de vidéoprotection dans les transports en commun</em> » a été déposée devant le Sénat en décembre 2025<sup>11</sup>. Cette loi permettrait notamment « <em>de détecter des comportements considérés comme anormaux</em> » (<em>sic</em>). Outre l&rsquo;habituel fatras rhétorique sécuritaire, la proposition indique que la loi « <em>ouvrira des possibilités de croissance à des entreprises françaises et européennes spécialisées notamment dans le développement d’algorithme</em><em>s </em><em>au niveau des serveurs déportés et non des caméras elles-mêmes, l’origine de ces dernières, souvent extra-européenne, pouvant poser à terme des problèmes</em> ». Encore une fois, l&rsquo;argument de la souveraineté technologique !</p>



<p>Malgré des précautions excluant du champ de ces caméras augmentées « la reconnaissance faciale », il s&rsquo;agit d&rsquo;un prélude à une autorisation totale de ces dispositifs.&nbsp;</p>



<p>Urbanloop utilisera-t-il la reconnaissance faciale ? En l&rsquo;état actuel de nos connaissances, et vu le peu de transparence de l&rsquo;entreprise sur le sujet, nous n&rsquo;en savons rien. Quoi qu&rsquo;il en soit, vu l&rsquo;offensive réactionnaire partout en Europe, tout système de ce type menace nos libertés.</p>



<p>La vidéosurveillance prônée par des élus de tous bords dans une inflation du discours sécuritaire est en soi une grave atteinte aux libertés publiques, qu&rsquo;elle utilise ou non des outils d&rsquo;intelligence artificielle ou de reconnaissance faciale<sup>12</sup>. Le croisement des données par des régimes autoritaires met en danger les opposants politiques, les personnes perçues comme « étrangères », racisées, ou ayant un comportement « anormal » (état d&rsquo;ivresse, non port du masque ou non-respect des distances sociales pendant la pandémie<sup>13</sup>), ou notre simple droit de circuler. Nous en avons un triste exemple aujourd&rsquo;hui aux États-Unis.&nbsp;</p>



<p>Transformer un espace de balade en citadelle arborée et surveillée ?</p>



<p>S&rsquo;il y a bien une promesse que tiendra Urbanloop, c&rsquo;est celle-ci… si personne ne vient lui mettre des bâtons dans les rails.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Signé : Quelques personnes du collectif Entourloop, non spécialistes des mobilités et de la vidéosurveillance mais se sentant (très) concerné.es&nbsp;</strong></h4>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Se tenir informé.e : entourloops@proton.me</strong></h4>



<p>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voir :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.estrepublicain.fr/politique/2025/12/12/tarif-de-l-eau-potable-tram-train-et-regulation-de-la-publicite-au-coeur-des-decisions-du-conseil-metropolitain">https://www.estrepublicain.fr/politique/2025/12/12/tarif-de-l-eau-potable-tram-train-et-regulation-de-la-publicite-au-coeur-des-decisions-du-conseil-metropolitain</a></p>



<p>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 20 millions d&rsquo;euros versés par la Région engloutis pour un projet d&rsquo;avion civil qui n&rsquo;a jamais vu le jour. Voir « Skylander SK-105 » sur Wikipedia.</p>



<p>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voir notamment le projet des Grands Moulins, racheté par le mégagroupe immobilier Nexity :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.estrepublicain.fr/politique/2024/05/28/reconversion-projet-de-400-logements-sur-le-site-des-grands-moulins"><u>https://www.estrepublicain.fr/politique/2024/05/28/reconversion-projet-de-400-logements-sur-le-site-des-grands-moulins</u></a>]<strong>.</strong></p>



<p>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Félix Tréguier,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Technopolice</em>,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ed. Divergence, 2021.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ALP, la société de conseil d&rsquo;Anne Lauvergeon, ex.-cheffe du nucléaire français, est le premier investisseur d&rsquo;Urbanloop. La Semaine, 26 janvier 2026.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Lien :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.lasemaine.fr/economie/anne-lauvergeon-presidente-des-mines-de-nancy-leurope-est-devenue-la-tranche-de-jambon-entre-les-etats-unis-et-la-chine/"><u>https://www.lasemaine.fr/economie/anne-lauvergeon-presidente-des-mines-de-nancy-leurope-est-devenue-la-tranche-de-jambon-entre-les-etats-unis-et-la-chine/</u></a></p>



<p>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bernard Charbonneau,<em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le feu vert. Autocritique du mouvement écologique</em>,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2022, L&rsquo;échappée.</p>



<p>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le dispositif CROSS est présenté dans la brochure sur la vidéosurveillance à Nancy :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://manif-est.info/Nancy-Etat-des-lieux-de-la-videosurveillance-3768.html"><u>https://manif-est.info/Nancy-Etat-des-lieux-de-la-videosurveillance-3768.html</u></a>.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; (décembre 2025).</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Source : <a href="https://www.bouyguestelecom-pro.fr/mag-business"><u>https://www.bouyguestelecom-pro.fr/mag-business</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; : /urbanloop-la-revolution-en-matiere-de-mobilite-urbaine/), septembre 2023. Avec tout ça, peut-on encore parler de transport « frugal » comme le mentionne la page Wikipédia d&rsquo;Urbanloop ?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Note. Le dossier « Détection visuelle Urbanloop » date de 2022 [Lien :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://github.com/Pierrosin/UrbanLoop_obstacle_detection/"><u>https://github.com/Pierrosin/UrbanLoop_obstacle_detection/</u></a></p>



<p>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La vidéosurveillance algorithmique (VSA) est interdite en droit français&#8230; du moins jusqu&rsquo;en mars 2023, date à laquelle l’Assemblée nationale a voté un texte fixant un cadre juridique pour « tester » la VSA à l&rsquo;occasion des JO Paris 2024. Fin 2024, le gouvernement Barnier propose de poursuivre l&rsquo;expérimentation ; la prolongation a été entérinée par les députés en mars 2025. En avril 2025, le&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Conseil Constitutionnel censure l&rsquo;article 15 de la loi, portant sur la sécurité des transports, jugeant qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un « cavalier législatif » c&rsquo;est-à-dire une mesure sans lien avec le texte destinée à faire modifier la loi.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voir : <a href="https://www.senat.fr/leg/ppl25-221.pdf">https://www.senat.fr/leg/ppl25-221.pdf</a></p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voir les alertes récentes d&rsquo;Amnesty International à ce sujet :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.amnesty.fr/petitions/la-france-ne-doit-pas-devenir-la-championne-de-la-surveillance/"><u>https://www.amnesty.fr/petitions/la-france-ne-doit-pas-devenir-la-championne-de-la-surveillance/</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ou le manifeste du collectif Technopolice :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://technopolice.fr/"><u>https://technopolice.fr/</u></a>].</p>



<p>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voir sur Arte l&rsquo;épisode glaçant de la série documentaire « Source » sur le traitement algorithmique au Kazakhstan :&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/126181-002-A/sources/"><u>https://www.arte.tv/fr/videos/126181-002-A/sources/</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ] ; voir aussi comment Yolo v3 a été utilisé pour repérer sur la voie publique « les violations de la distance sociale » ou la portée du masque chirurgical pendant la pandémie de Covid-19&nbsp; : Ahmed I, Ahmad M,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rodrigues JJPC, Jeon G, Din S. A deep learning-based social distance monitoring framework for COVID-19. Sustain Cities Soc. 2021.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33163330/"><u>https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33163330/</u></a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; et&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0262885621002468">https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0262885621002468</a>.</p>
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		<title>Il y a certaines situations qui te rappellent que tu es noire avant tout</title>
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		<dc:creator><![CDATA[assemblage]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jan 2026 15:01:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Revue #6]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le racisme anti-noir est une réalité à laquelle fait face Juliette, depuis son enfance. Née d’un père camerounais et d’une mère française, elle vit un racisme normalisé encore aujourd’hui, à Nancy. Asbg. Bonjour Juliette, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots&#160;? Juliette. J’ai 25 ans, je vis à Nancy. Je suis originaire de [&#8230;]</p>
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<p>Le racisme anti-noir est une réalité à laquelle fait face Juliette, depuis son enfance. Née d’un père camerounais et d’une mère française, elle vit un racisme normalisé encore aujourd’hui, à Nancy.</p>



<p></p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Asbg. Bonjour Juliette, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots&nbsp;?</h2>



<p>Juliette. J’ai 25 ans, je vis à Nancy. Je suis originaire de la Meuse et je suis arrivée ici à Nancy pour mes études. J’ai grandi dans un village où j’ai été confrontée au racisme. J’étais la seule Noire à l’école, au centre aéré… J’ai subi des moqueries régulières sur mes cheveux et sur ma couleur de peau que j’avais essayé d’éclaircir à l’eau oxygénée quand j’étais petite. A cause de mon mal-être et de ces moqueries, quand j’avais 9 ou 10 ans, mes parents m’ont emmenée chez le coiffeur pour les défriser. Chose que j’ai continué à faire les 10 ans qui ont suivi.</p>



<p>Mon père est noir, il vient du Cameroun, il a un accent prononcé. Il travaille dans un environnement de classe moyenne aisée où il subit le racisme, mais il laisse couler. Mes copines se moquaient de l’accent de mon père et de sa couleur très foncée. Toute petite j’en voulais à mes parents, on ne m’avait pas expliqué le racisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Asbg. Au collège, au lycée, as-tu été directement confrontée au racisme&nbsp;?</h2>



<p>Juliette. Un exemple chez une copine, près de la piscine, son grand-frère qui dit&nbsp;: «&nbsp;Il ne faut pas que Juliette vienne se baigner, parce que l’eau va être noire&nbsp;». Sur le coup, à l’époque, j’ai juste perçu que ça n’était pas gentil. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai pris conscience de la dimension raciste de ses propos. Un autre exemple, au collège, j’ai joué dans deux comédies musicales&nbsp;: dans «&nbsp;Autant en emporte le vent&nbsp;» on m’a fait jouer deux rôles, celui du ramoneur et celui d’une esclave dans un champ de coton. Et puis dans «&nbsp;Le Roi Soleil&nbsp;», j’ai encore joué le rôle d’un esclave. Sur le moment je n’ai pas perçu de problème. Rétrospectivement j’en veux à mes parents de n’avoir rien dit&nbsp;! Ils voulaient éviter de faire des vagues, c’est difficile à assumer quand tu vis dans un village. Pourtant j’aurais voulu que, quand j’étais petite, ils me disent «&nbsp;Ta couleur est belle&nbsp;» et d’autres choses positives, pour s’opposer à ce que j’entendais, «&nbsp;elle est noire parce qu’elle est sale&nbsp;», «&nbsp;le noir c’est impur&nbsp;», etc.</p>



<p>La moitié de ma famille est blanche. Mon grand-père maternel était italien. Quand ma mère était petite dans les années 60, elle se faisait jeter des pierres en se faisant traiter de «&nbsp;bougnoule&nbsp;» en raison de la couleur de peau foncée des Italiens du Sud. Pourtant de ce côté de ma famille, ils considèrent que la question du racisme, «&nbsp;c’est compliqué&nbsp;». En dehors de ma famille, en général je n’ai pas rencontré de soutien du côté des adultes. Certains en ont été témoins, par exemple quand d’autres élèves jouaient avec mes cheveux&nbsp;en disant «&nbsp;Les cheveux de Juliette ils sont marrants&nbsp;», les profs n’avaient aucune réaction. <strong>C’est pourtant bien quand ce sont des personnes blanches qui reprennent les racistes, dans certaines situations ça a plus de poids que quand ce sont juste les victimes qui protestent.</strong></p>



<p>Le seul soutien que j’aie rencontré, c’est celui d’une amie au lycée. Alors que je ne laissais rien paraître qui pouvait relever de la culture africaine, elle me disait&nbsp;: «&nbsp;Pourquoi tu n’assumes pas, c’est trop bien&nbsp;!&nbsp;». Lorsque j’étais adolescente, j’avais très peu de personnalités à qui m’identifier et je n’avais pas conscience que les femmes noires qui étaient représentées n’étaient pas les seuls modèles à qui s’identifier. Que ce soit dans les séries américaines, les chanteuses, les films, il y avait très peu de diversité. En gros, tu dois ressembler à Rihanna, sans autre alternative. Maintenant, je trouve que les représentations ont beaucoup évolué et c’est une chose très positive, surtout pour les jeunes filles qui, comme moi à l’époque, avaient du mal à accepter leur couleur de peau.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Asbg. Est-ce que ta situation a changé en devenant adulte ?</h2>



<p>Juliette. Quand je suis arrivée à Nancy, j’arrivais dans une grande ville. Je n’étais plus la seule Noire et j’ai vu que les autres réagissaient aux blagues vaseuses, qu’ils ne se laissaient pas faire. Mais le racisme n’a pas cessé pour autant. Quand je suis arrivée, j’étais étudiante à la fac de droit, j’y allais en survêtement, personne ne m’adressait la parole et je restais à l’écart. Et puis à force, aux pauses cigarette on a commencé à échanger. Et là quelqu’un m’a dit&nbsp;: «&nbsp;On pensait que tu étais des quartiers, que tu venais en cours t’installer au fond juste pour gratter les bourses&nbsp;». C’est donc clair, quand tu es noire et que tu viens des quartiers, tu n’es pas fréquentable.</p>



<p>Ensuite il y a le racisme dans le quotidien. J’ai un prénom et un nom français, pour les entretiens ou les visites d’appartements tout se passe bien tant qu’on est au téléphone, et puis quand les gens me voient, je vois sur leur visage que rien ne va plus. Sur un poste dans un supermarché, je ne réussissais pas à savoir pourquoi je n’avais pas de réponse alors que l’entretien s’était bien passé&nbsp;: «&nbsp;Il ne te veut pas à la boucherie&nbsp;» m’a expliqué une amie, parce qu’il ne faut pas choquer la clientèle, il y a beaucoup de personnes âgées. <strong>Quand tu es noire tu peux travailler au stockage mais pas servir les clients&nbsp;!</strong></p>



<p>Avec les coiffeuses, c’est toujours compliqué, même quand on a pris un rendez-vous en précisant qu’on avait les cheveux crépus. Eclats de rire en me voyant et «&nbsp;Bonne chance&nbsp;!&nbsp;» à sa collègue lancée par une coiffeuse à celle qui devait me coiffer. Dans les boulangeries aussi, régulièrement je n’ai pas de réponse à mon bonjour de la part des vendeuses, il arrive que certaines refusent ostensiblement de me parler alors qu’elles parlent poliment avec les clients avant et après moi&nbsp;!</p>



<p>Lorsque je fais des courses, je ne peux pas m’attarder dans les rayons. Au bout de quelques minutes, le vigile se retrouve à quelques mètres de moi à me surveiller (sans être discret évidemment) jusqu’à ce que je quitte le rayon. De même, si je sonne au portique de sécurité parce que j’ai oublié de couper une étiquette anti-vol dans un vêtement, le vigile me fait vider tous mes sacs avec les preuves d’achat avant de pouvoir quitter le magasin.&nbsp;</p>



<p>Se faire arrêter lors d’un contrôle douanier, se faire retourner intégralement la voiture et lorsque je demande pourquoi je me suis fait arrêter, entendre l’un des agents me répondre «&nbsp;qu’ils ont des critères&nbsp;» c’est inacceptable. Car sans les nommer, nous savons tous quels sont leurs critères.</p>



<p>Je ne suis pas confrontée à des actes ou paroles racistes tous les jours. Je suis une personne avant d’être «&nbsp;une Noire&nbsp;» sauf qu’il y a certaines situations qui te rappellent que non, tu es noire avant tout. Non, noir ne veut pas dire coupable.&nbsp;Mais même quand je ne suis pas dans un environnement hostile, je remarque dès que je suis la seule noire. Alors je sais que je vais avoir du mal à parler, parce qu’on risque de mal interpréter ce que je dis, de penser que ce sont toujours les Noirs qui ouvrent leur gueule.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Asbg. On voit monter les racismes et les replis identitaires, et il semble que les choses s’accélèrent. Comment appréhendes-tu la situation actuelle et l’avenir&nbsp;?</h2>



<p>Juliette. Une partie de moi a peur. En étant femme et noire, je suis la cible idéale des fachos. Je suis effrayée de voir les propos et les actes racistes qui existent encore en 2024. Quand des «&nbsp;femmes identitaires&nbsp;» disent que les étrangers sont tous des violeurs potentiels, il y a des gens qui sont d’accord avec ça&nbsp;! On pense vivre dans une société «&nbsp;évoluée&nbsp;» et pourtant, des comparaisons sont encore faites entre des Noirs et des singes. <strong>Quand je vois qu’à notre époque, des personnes se font encore tabasser en raison de leur couleur de peau, j’ai peur.</strong> Peur pour toutes les personnes non-blanches qui risquent de se faire tabasser ou insulter dans la rue. Et c’est là que réside le problème : nous ne devons pas avoir peur en raison de notre couleur de peau.&nbsp;</p>



<p>Grandir en campagne m’a fait rencontrer des personnes qui assumaient clairement de voter FN et ça depuis des années car ils considéraient que l’extrême droite serait la solution à leurs problèmes (emploi, pouvoir d’achat, attractivité des territoires) sans envisager que voter extrême droite est un vote raciste. L’extrême droite a un poids très fort dans les territoires ruraux et il ne faut pas l’oublier. Il ne faut pas les laisser véhiculer leurs idées nauséabondes en misant sur l’ignorance des personnes et nourrir «&nbsp;la peur de l’autre&nbsp;».&nbsp;</p>
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		<title>ET QUAND VIENT LA NUIT, VIENNENT LES VEILLEURS·EUSES D’ENNUIS.</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2026 16:24:24 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Revue #6]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Janvier 2023. Loin, en bordure de Nancy, loin du centre-ville, aux abords de la forêt de Haye, I., un jeune Guinéen de quinze ans est en fugue. Il traverse en pleine nuit une route départementale proche de son foyer d’accueil pour mineurs exilés. Des phares dans la nuit, un véhicule, le choc. En résulte un [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Janvier 2023.</h2>



<p>Loin, en bordure de Nancy, loin du centre-ville, aux abords de la forêt de Haye, I., un jeune Guinéen de quinze ans est en fugue. Il traverse en pleine nuit une route départementale proche de son foyer d’accueil pour mineurs exilés.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="771" height="1024" src="https://assemblage.media/wp-content/uploads/2026/01/IMG_20250511_230516_007-771x1024.jpg" alt="" class="wp-image-1096" style="aspect-ratio:0.7529389901975215;width:448px;height:auto"/></figure>



<p>Des phares dans la nuit, un véhicule, le choc. En résulte un délit de fuite et la mort de I. Imaginons maintenant qu’il ne s’aperçoive pas de sa mort, et décide de rebrousser chemin malgré sa terreur. Laissant, sans s’en rendre compte, un corps inerte sur le bord de la route, son esprit chemine vers le foyer, sa dernière demeure en France, depuis son arrivée quelques mois plus tôt.</p>



<p>Que peut-il voir et ressentir ? Les couloirs déserts de son unité, dont les murs tachés d’histoires arborent quelques dessins d’exilé·e·s, parfums d’errance ou de rêves à réaliser ? Ou bien les tableaux offerts par des associations, des professionnels, des particuliers ? Peut-être l’odeur de pastilles de javel lancées à même le sol pour chasser les relents d’urine des innombrables fuites d’eau ?</p>



<p>La conscience pétrie de questions, I. revit son traumatisme et cherche des réponses. Vers qui se tourner dans ce foyer aux heures les plus tardives, quand le jour va bientôt poindre ? Le/la veilleur·euse ou, plus exacte- ment, l’agent éducatif de nuit (AEN)1. Un·e seul·e pour chaque bâtiment, au nombre de quatre. L’AEN utilise le bureau de ses collègues de jour pour recevoir les appels et utiliser l’ordinateur de l’unité. I. traverse la structure, il veut comprendre. La bâtisse s’élève sur deux étages. Le premier est pour les garçons, le second pour les filles. Effectifs : 27 jeunes. Capacité d’accueil : 29. Dans chaque chambre repose un morceau de notre récit ; celui des migrations forcées (un euphémisme), celui des inégalités qui poussent une partie de l’humanité à crier son désespoir à une autre. Toute une jeunesse prise en otage.</p>



<p>I. est attiré par le bureau de l’AEN. Il traverse la porte close tel un passe-mu- raille et se retrouve de l’autre côté. Personne. L’AEN est parti régler un problème aux étages. Sûrement pour des insomnies, des disputes, le besoin de parler, donner de la nourriture. Il scrute le bureau et contemple des photographies d’une sortie au lac de Messein, certaines en train de célébrer l’anniversaire d’une jeune le mois dernier. Il passe ensuite d’un sel- fie à l’autre, des éducateur.ice.s avec les enfants. Toute cette vie figée, qui témoigne de ces tentatives à rendre agréables des situations insoutenables. Puis, son esprit se concentre sur l’écran de l’ordinateur.</p>



<p>Voici ce qu’il pourrait y lire :</p>



<p>Compte rendu de l’AEN untel ou une- telle, de la nuit du X au Y :</p>



<p><strong>21 h 00</strong> : Prise de poste. Unité calme. Les collègues de jour me trans- mettent les nouvelles de la journée. Certains jeunes ont préparé des sauces à mettre dans les plats, car ils se plaignent souvent de la nourriture fournie par un service traiteur d’une association de réinsertion.</p>



<p><strong>21 h 30</strong> : M. vient me trouver au bureau, les bras chargés de papiers. Il est en colère et ne comprend pas une décision administrative. Je le ras- sure et rédige avec lui un mail destiné à son référent ASE/MNA2 du réseau éducatif de Meurthe-et-Moselle, pour qu’il obtienne un rendez-vous. Cela fait, toujours énervé, M. me demande d’aller recadrer son voisin de chambre car il fait parfois du bruit. M. me dit ne pas vouloir y aller seul. Il refuse de faire, je cite, le petit blanc . Nous échangeons longuement sur cette expression. Il me dit que ce n’est qu’une façon de parler. Je suis mal à l’aise.</p>



<p><strong>22 h 15</strong> : F. et A. viennent me voir tan- dis que je nettoie la salle commune avec deux autres jeunes. Elles me disent craindre les lieux, en particulier la forêt environnante, il y aurait des esprits. L’une d’elles, enceinte, se sent isolée. Je leur réponds de patienter, que l’hébergement ici n’est que provisoire, de se concentrer sur le positif, leurs copines au foyer, à l’école, les sorties organisées par l’équipe éducative, etc. Elles ont l’air de comprendre, mais trouvent cela insuffisant. Elles repartent dans leur chambre. On en profite pour rire un peu de la situation. Elles se détendent, et moi aussi.</p>



<p><strong>22 h 40 </strong>: Un agent de sécurité vient me saluer dans le bureau. Il est engagé pour faire des rondes dehors. J’indique que tout se passe bien ici. Je donne les traitements à D. pour ses crises d’épilepsie, les anxiolytiques de N., et vérifie que T. fait bien ses exercices faciaux, il sent que sa cicatrice lui fait parfois mal et qu’il repense à la Libye, les camps, la violence, la traversée. J’essaie de le calmer, et constate une progression depuis qu’il a commencé ses exercices.</p>



<p><strong>23 h 00 </strong>: P., éducateur de l’unité d’en face m’appelle pour me demander si les navettes prévues pour les jeunes s’arrêtent à 22h ou à 23h, l’un de ses jeunes attend et n’a plus de bus pour rejoindre son foyer. Je lui avoue ne pas savoir, car il y a eu des changements d’horaires dus au manque de personnel. Nous convenons qu’il ira le chercher et que je ferai l’aller-retour du lendemain en attendant les nouvelles consignes.</p>



<p><strong>23 h 45</strong> : Départ de feu dans l’un des bâtiments du site. Tout le monde est inquiet, je sors du foyer pour aider les collègues à faire évacuer leur bâti- ment. Les pompiers arrivent, ainsi que des responsables du SAMIE3 et la direction du REMM4. Le feu est parti d’une pièce commune ; vite maîtrisé, la fumée a cependant eu le temps de se propager dans les locaux. Au même moment, je constate qu’il me manque I. Il est tout nouveau chez nous, je n’ai pas eu le temps de bien faire connaissance avec lui. K. pré- tend l’avoir vu traîner non loin du réfectoire.</p>



<p><strong>00 h 00</strong> : J’appelle la structure de coordination des effectifs. Je le donne et déclare I. en fugue. Mail envoyé à la gendarmerie.</p>



<p><strong>00 h 30</strong> : À la surprise générale, les jeunes de la structure incendiée réintègrent leur chambre après délibération des pompiers, de la direction et du maire de la commune&#8230; Perplexes, on nous dit de leur expliquer qu’il n’y a aucun risque. J’avoue être très méfiant, l’odeur de fumée dans les communs et les chambres persiste. Cet incident montre à quel point nos bâtiments sont vétustes et demandent de sérieux travaux pour pouvoir prétendre accueillir dignement.</p>



<p><strong>01 h 00</strong> : Ronde intérieure et extérieure. RAS, hormis les fuites des toilettes qui font remonter une odeur</p>



<p>d’urine dans la salle commune, et les problèmes d’eau chaude. Le chauffage fonctionne à nouveau depuis deux jours après une semaine de panne. Couloirs déserts.</p>



<p><strong>02 h 15</strong> : S. vient au bureau, les bras en sang. Il s’est scarifié avec un rasoir. Il me demande de faire quelque chose, il hurle qu’il faut qu’il parte d’ici. Je parviens à le calmer, difficilement. Un collègue, alerté par le bruit depuis le dehors, vient m’aider à le contenir. S tente de se trancher la jugulaire. Nous le maîtrisons et lui retirerons le rasoir de la main. Après l’avoir désinfecté, j’appelle les urgences. Un agent éducatif de l’équipe mobile de soutien l’emmène aux urgences.</p>



<p><strong>04 h 00</strong> : Des gendarmes viennent au bureau. Ils ont retrouvé un corps au bord de la départementale qui longe notre secteur. C’est I.</p>



<p><strong>05 h 00</strong> : Sous le choc, je termine ma nuit avec difficulté.</p>



<p><strong>06 h 30 </strong>: Mise en place du déjeuner.</p>



<p><strong>09 h 00</strong> : Transmissions des évènements depuis la veille faites avec O., qui reprend le matin. Longue discussion et attente de consignes de nos cadres et directions pour formuler au mieux ce tragique accident auprès des autres jeunes.</p>



<p>Formuler au mieux&#8230;<br>Après s’être imaginé I. lire ce compte rendu de nuit, voyons-le s’élever peu à peu, sortir du foyer et rejoindre un ailleurs où il soignera ses angoisses et trouvera un certain réconfort. Grâce, entre autres, à une cérémonie dans une mosquée de l’agglomération nancéienne qui se chargera des prières et de l’hommage pour ce garçon décédé loin de sa famille.</p>



<p>Une pensée pour lui.</p>



<p>Au-delà de cette mort, la condition des exilé·e·s est mise en lumière. Combien, en ce moment, arpentent non pas les départementales en pleine nuit, mais leur chambre, les couloirs de leur structure, les salles communes, les parkings ceinturant leur lieu de vie provisoire ? La tragédie est tout aussi vraie et présente, seulement moins funeste. Un drame silencieux né de l’usure et de l’ennui.</p>



<p>Imaginer n’est pas spéculer. Imaginer, c’est ici faire un récit avec des éléments vécus et avec des circonstances réelles afin de créer et d’enrichir de nouveaux imaginaires. Ce compte-rendu est le cumul des problèmes survenus sur plusieurs nuits de service. Pourtant, le constat et les impressions sont identiques : une énième traversée de l’enfer pour cette jeunesse accueillie, et le senti- ment d’impuissance pour les équipes éducatives.</p>



<p>Toutefois, il serait réducteur de s’arrêter à cela, car c’est sans compter toutes les subtilités induites par ces situations complexes : entre la joie et la tristesse, l’envie et le découragement, la rencontre et la séparation. Temples des antonymes et des paradoxes, car il existe, sur ces foyers d’accueil d’urgence dits de mineurs isolés étrangers, un véritable double isolement que provoquent leur statut social et leur lieu de vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Épilogue :</h2>



<p>Mettons en lumière le positif, car se concentrer sur les difficultés n’empêche pas d’évoquer tous les moments joyeux, des discussions de nuit qui parfois ne voient pas le jour ; qui ne seront pas dans les trans- missions écrites ou orales, mais qui, quand elles le voient et influent la parole et le regard de l’agent éducatif, rendent la vie plus tenable, les échanges plus fluides grâce au travail indispensable des équipes5 . La Protection de l’Enfance accueille des jeunes issus d’Afrique Subsaharienne, d’Afrique de l’Est, d’Afrique Centrale, du Maghreb, de l’Europe de l’Est, du Moyen-Orient, du Proche-Orient. Une partie de la planète est dans ces foyers. Des jeunes femmes, jeunes hommes, musulman·e·s, chrétien·ne·s6, athées, agnostiques, constituant une mosaïque d’ethnies, de peuples, de langues et de cultures. Toustes sont habité·es des mêmes pensées, communes à n’importe quel être humain : se sentir utile, partager, être valorisé·e, construire, aimer.</p>



<p>Mais comment se défaire de l’ombre sournoise d’un colonialisme qu’ils ne nomment, eux aussi, presque plus ? Peut-être par peur de dire un gros mot, ou de faire une sorte d’anachronisme. L’actualité de la colonie française en pays kanak ou dans plu- sieurs pays d’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs nous démontre le contraire.</p>



<p>L’anachronisme est de penser que seul le modèle économique capitaliste est gage de liberté, et que les apparences priment sur les intentions. L’anachronisme est de prétendre que les problèmes dits « extérieurs » de la France, souvent liés à nos modes de vie, nos industries, notre culture, ne sont que des détails. Le colonialisme est polymorphe, toujours d’actualité, cela concerne tout le monde. Et il ne se désagrégera qu’au niveau de la racine qui l’a vu naître : la culture7. Il est chevillé au corps de l’impérialisme, ce cauchemar économique et social déguisé en rêve de liberté pour ces exilé·e·s ; un pénible héritage pour nous, les équipes éducatives.</p>



<p>La culture humaniste l’emportera sur l’impérialisme colonial. Aussi, l’une des clés à ce joyeux foutoir administratif semble résider dans le contact avec l’extérieur. Une multitude d’as- sociations et de particuliers bénévoles œuvre continuellement à créer de la culture et du partage à travers divers projets. Des jeunes s’investissent dans des jardins partagés, des clips vidéos ou des courts-métrages, de la cuisine&#8230; Certain·e·s ont pu écrire leur histoire, poétiser leur existence, d’autres ont pu danser, participer à des activités sportives, en somme, ont pu répondre à l’appel du monde.</p>



<p>Pour que les nuits ne soient pas le ferment des peurs et des incompréhensions, il faut continuer d’investir massivement ces institutions8. Bien que parfois rigides et procédurières face au militantisme culturel9, ces structures ont tout intérêt à accep- ter de travailler avec l’extérieur, tant pour faire vivre les projets éducatifs sur lesquels s’articule l’accompagne- ment, que pour la morale humaniste qui constitue le rôle même d’une équipe éducative.</p>



<p>Une nuit, un jeune a fait le rêve de créer un festival culturel de l’exil10, qui rassemblerait à Nancy les mineurs isolés, les travailleurs sociaux, des artistes, des compagnies de théâtre, les associations, et toute personne voulant être solidaire des exilé·e·s. Cette idée erre peut-être encore dans les couloirs du foyer, mais ne s’est pas dissoute, elle attend des volontés extérieures, prêtes à lui faire voir le jour.</p>



<p>Quelques paroles de nuit contre l’ennui.11</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Notes :</h3>



<p>1 En poste de 21h à 07h30 en période scolaire et de 21h à 09h en période de vacances.</p>



<p>2 Aide Sociale à l’Enfance/Mineurs isolés Non-Accompagnés.</p>



<p>3 Service d’Accueil des Mineurs Isolés Étrangers.</p>



<p>4 Réseau Éducatif de Meurthe-et-Moselle.</p>



<p>5 Par équipe éducative, il est question autant des éducateur.ices, des agents éducatifs de nuit, des bénévoles et services civiques, stagiaires IRTS, des cadres, de la direction, et des syndicats.</p>



<p>6 La plupart sont de confessions musulmane ou chrétienne. Il y eu parfois des bouddhistes et hindoues, mais cela reste un témoignage personnel, donc non exhaustif quant à la diversité religieuse du SAMIE.</p>



<p>7 Voir Frantz Fanon, Racisme et Culture, Ed., Présence Africaine 2002/1 (N°165-166), pages 77 à 84.</p>



<p>8 Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle &amp; Réseau éducatif de Meurthe-et-Moselle.<br>9 Le militantisme culturel est à comprendre ici comme des actions culturelles axées sur une éthique et<br>une morale sociale, par le biais de diverses formes artistiques (éducation populaire, ateliers d’écriture, sorties musées, cinéma, création de projets, échanges intergénérationnels et interculturels, initiations aux arts, éducation aux et par les média, etc.) et non comme l’expression d’idéologies partisanes.<br>10 inter-mouvement auprès des évacués).<br>Tel, entre autres, le Festival migration du bassin houiller lorrain, ou Migrant’scène organisé par la CIMADE<br>11 Cet article se base sur trois années de travail ; le présent compte rendu est donc un condensé de faits réels survenus lors de ces années, et ce durant la nuit et le jour.</p>
<p>L’article <a href="https://assemblage.media/2026/01/08/et-quand-vient-la-nuit-viennent-les-veilleurs%c2%b7euses-dennuis/">ET QUAND VIENT LA NUIT, VIENNENT LES VEILLEURS·EUSES D’ENNUIS.</a> est apparu en premier sur <a href="https://assemblage.media">Assemblage</a>.</p>
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